Assassinat de Shireen Abu Akleh : l’émir du Qatar accuse Israël

L’émir du Qatar, Tamim ben Hamad Al Thani, fait porter à Israël la responsabilité de la mort de la journaliste Shireen Abu Akleh, tuée le 11 mai par un tir de l’armée israélienne lors d’une opération militaire en Cisjordanie occupée.

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Cheikh Tamim ben Hamad Al Thani, Emir du Qatar.

Je souhaite présenter mes condoléances à la famille de la journaliste Shireen Abu Akleh, tuée par les forces d’occupation” israéliennes, a dit l’émir du Qatar à l’occasion d’une visite à Téhéran. “Il faut réclamer des comptes aux auteurs de ce crime odieux”, a encore dit le monarque qatari au cours d’une conférence de presse conjointe avec le président iranien Ebrahim Raïssi.

La journaliste américano-palestinienne couvrait une opération militaire israélienne en Cisjordanie quand elle a été tuée par balle mercredi matin à Jénine. Elle portait un gilet pare-balles portant l’inscription “presse” et un casque de reportage. Israël, après avoir dit qu’elle avait “probablement” succombé à un tir palestinien, a affirmé ne pas écarter que la balle ait été tirée par ses soldats.

La chaîne qatarie Al Jazeera a accusé mercredi les forces israéliennes d’avoir tué “de façon délibérée” sa journaliste, d’une balle dans la tête. La vice-ministre des Affaires étrangères du Qatar, Lolwah al-Khater, a aussi accusé les forces israéliennes d’avoir “tué la journaliste en lui tirant une balle au visage alors qu’elle portait une veste ‘presse’ et un casque”“Elle couvrait leur attaque dans le camp de réfugiés de Jénine. Ce terrorisme d’État israélien doit CESSER, le soutien inconditionnel à Israël doit CESSER”, a-t-elle écrit sur Twitter.

Vive émotion dans le monde arabe

L’annonce du décès de la journaliste vedette d’Al Jazeera a suscité une vive émotion dans les Territoires palestiniens et dans le monde arabe où ses reportages ont été suivis pendant plus de deux décennies, en Europe et aux États-Unis.

Mercredi, la Ligue des États arabes a également tenu pour responsable l’État hébreu de ce “crime odieux qui appelle la responsabilité internationale et la poursuite de ses auteurs devant les instances judiciaires internationales compétentes”, insistant qu’il s’agit d’un “crime de guerre et d’une violation grave du droit international”.

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Le président iranien a lui aussi présenté ses condoléances à sa famille, et mis en cause Israël. “Nous sommes certains que ces crimes ne pourront apporter la sécurité au régime sioniste. Au contraire, ils ne feront qu’augmenter la colère populaire” envers Israël, a-t-il dit.

Les appels à une enquête transparente se sont multipliés à travers le monde après la mort de la journaliste.

(avec AFP)