Un roman national au goût d’inachevé

Par Réda Dalil

L’impression d’un soufflet qui retombe. Une désillusion. L’année avait pourtant bien commencé. Un nouveau gouvernement, le Covid à bout de souffle, un peuple libéré des entraves du confinement, et sans doute un début d’euphorie, économique, culturelle. Et puis, patatras, récidive du virus, propagation d’Omicron, une économie qui se détraque sous l’effet de l’inflation et de la guerre en Ukraine. L’incapacité d’un gouvernement de “managers” à protéger le Marocain des effets de la polycrise rompt le cours d’une belle épopée. Un pacte de confiance né dans les marges de la parenthèse covid, funeste dans son déploiement, féconde dans ce qu’elle a provoqué comme sursaut collectif. De cette époque d’épreuves, le Maroc s’est forgé un but commun. Les premières décisions de l’état furent accueillies avec surprise et soulagement. Protéger le citoyen “quoi qu’il en coûte”, tout verrouiller quand bien même l’économie en serait condamnée, tel était l’impératif. Un intérêt pour l’humain s’est manifesté que l’on croyait inexistant chez un État plus attaché à maintenir ses équilibres macroéconomiques qu’à se porter au chevet du citoyen vulnérable. Le Marocain s’est senti respecté. En retour,…

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