Un mal marocain

Par Yassine Majdi

Nous sommes en début de semaine. La scène a lieu devant une clinique casablancaise. Un conseil de guerre se tient à l’ombre de quelques arbres. La cheffe de famille l’a déserté: elle pleure déjà la mort de son petit-fils. Le bambin a été victime d’un accident quelques jours plus tôt, il est en réanimation depuis. Les nerfs commencent à craquer: “Pourquoi ces médecins nous annoncent-ils de nouveaux traumas chaque jour? Mais pourquoi, surtout, ne lui ont-ils pas encore sauvé la vie?” Un membre de la famille est désigné porte-parole. Résolu, il se dirige d’un pas ferme vers la clinique. Mais une fois les portes franchies, son calme disparait. Il crie: “Vous ne voulez pas tout simplement nous dire que cet enfant est mort? Pourquoi cherchez-vous à le retenir? Ne voulez-vous pas nous le confier pour que l’on puisse l’enterrer dans la dignité!” Quelques bambins qui attendent une consultation tournent la tête. Même eux semblent avoir compris l’ampleur du drame. Une infirmière tente de calmer l’homme: “Monsieur, les médecins tentent encore de sauver la vie de votre fils. Ils se battent…

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