Il s’appelait Mehdi, il s’est suicidé

Par Yassine Majdi

Il s’appelait Mehdi. Il y a seize ans, nous devions démarrer l’année avec un exposé collectif pour un cours d’éducation civique (pas l’instant pédagogique du siècle, mais sans doute un moyen de permettre un rapprochement entre élèves et de reposer les professeurs). Mais à la rentrée, Mehdi n’était pas là. Avant son absence, nous avions l’habitude de partager quelques conversations. On y évoquait pêle-mêle nos passions pour les jeux vidéo et la culture manga. ll nous arrivait aussi, quelquefois, de parler de notre mal-être. Parfois, il s’agissait de l’insécurité que l’on ressent lorsque l’on est un petit garçon frêle à lunettes et que l’on côtoie des caïds qui donnent l’impression de faire deux fois notre taille. Comme tous les ados, nous discutions parfois de filles, en effleurant le sujet du rejet. Mais en ce début de janvier 2005, Mehdi n’est pas là. Ou plutôt, Mehdi n’est plus là. Car Mehdi s’est donné la mort quelques jours avant le Nouvel An. Une passion bizarre pour le morbide s’est alors emparée du lycée. Petit à petit, les détails sur les dernières heures…

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