“Juifs d’Orient” : visite guidée de la nouvelle exposition de l’Institut du monde arabe

Inaugurée par le président français Emmanuel Macron, l’exposition “Juifs d’Orient” s’ouvre ce mercredi 24 novembre à l’Institut du monde arabe à Paris. Au-delà des conflits et des tensions contemporaines, il s’agit de “raconter depuis le début” une riche histoire de plus de deux millénaires.

Par

Emmanuel Macron visitant l'exposition en compagnie du président de l'Institut du monde arabe, Jack Lang (à sa gauche), et de l'historien Benjamin Stora, lundi 22 novembre 2021. Crédit: Yoan Valat / Pool / AFP

Si Jack Lang, président de l’Institut du monde arabe (IMA) et ex-ministre de la Culture de François Mitterrand, se plaît à rappeler que des pays du monde entier ont aidé à mettre sur pied cette exposition, il en est un dont le nom revient souvent, à la fois dans l’histoire du peuple juif et dans le prêt actuel des œuvres : le Maroc. Le Musée de l’histoire et des civilisations de Rabat a ainsi envoyé des caisses en bois destinées à porter la Torah ; on retrouve parmi les objets incontournables une stèle funéraire apportée de Volubilis ; et un historien marocain siège au comité scientifique de l’exposition en la personne de Mohammed Kenbib, directeur de l’Institut royal pour la recherche sur l’histoire du Maroc.

Sans établir de palmarès ou de hiérarchie, il est important de rappeler le rôle du Sultan – devenu ensuite Mohammed V – dans la protection des Juifs durant la Seconde guerre mondiale”, renchérit Benjamin Stora, spécialiste de l’histoire du Maghreb contemporain et commissaire général de l’exposition. En effet, le futur roi a refusé de déporter les Juifs du Maroc quand le régime collaborationniste français l’exigeait.

L’IMA a d’ailleurs saisi le mémorial israélien de Yad Vashem pour que soit décerné au défunt monarque le titre de “Juste Parmi les Nations”, octroyé aux personnes ayant protégé des Juifs. Cette requête est soutenue par de nombreuses personnalités des mondes de la recherche et de la politique – notamment par Serge Berdugo, ministre sous Hassan II et secrétaire général du Conseil de la communauté israélite du Maroc, qui raconte qu’en 1941 Sidi Mohammed Ben Youssef avait répondu à Vichy que s’il fallait 200 000 étoiles jaunes pour les Juifs de son pays il en faudrait 50 autres pour lui et pour sa famille.

Lisez la suite de l’article sur