Youssef Belal : “Nous sommes en plein dans la question du mariage incestueux entre le pouvoir et l’argent”

L’universitaire Youssef Belal estime que la défaite du PJD clôt le cycle des printemps arabes. Selon ce fin connaisseur de la mouvance islamiste au Maroc, la victoire de Aziz Akhannouch pose “un risque réel” d’accentuer l’écart entre la société et l’État. Interview.

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“On aura un Chef de gouvernement qui se prévaudra de savoir ce que le roi veut”, estime Youssef Belal, qui prévient : “la proximité avec le roi est à double tranchant, on peut très vite tomber en disgrâce”. Crédit: MAP

Après dix années à la tête du gouvernement, le PJD vient de vivre une spectaculaire déroute. Cette défaite referme-t-elle la parenthèse des printemps arabes au Maroc ?

Youssef BelalCrédit: DR
Exactement. Le PJD avait été le premier bénéficiaire de ce moment au Maroc, du moins sur le plan électoral. Maintenant, il est clair que cette parenthèse a commencé à se refermer il y a bien longtemps. Aujourd’hui, avec ces élections, nous sommes vraiment dans la clôture symbolique de ce cycle.

Il y a également le cas de l’Égypte dont le printemps s’est soldé par une intervention militaire. Quelle lecture peut-on faire du cas marocain par rapport aux autres pays de la région ?

La différence avec ces pays, c’est que le PJD n’a pas eu le pouvoir. Sous…

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