Il y a 40 ans… les émeutes du Pain, à Casablanca

Juin 1981, une date noire dans l’histoire du Maroc. Celle des émeutes du Pain, des Chouhada Koumira (les “martyrs de la baguette”, selon la définition cynique de Driss Basri, alors tout-puissant ministre de l’Intérieur). Une séquence d’histoire immédiate inscrite dans le chaos des événements de la fin des années 1970 et jusqu’au milieu des années 1980. Quarante ans après, quelle lecture donner à cette révolte ? Analyse.

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Le dernier numéro de Libération, daté du 20 juin 1981, avant qu’il ne cesse de paraître après les émeutes du Pain
Le dernier numéro de Libération, daté du 20 juin 1981, avant qu’il ne cesse de paraître après les émeutes du Pain, à Casablanca, où des centaines de personnes ont été tuées ou blessées. Crédit: AFP

Ce 20 juin 1981, Saïd Masrour ne l’oubliera jamais. Descendu défiler avec les manifestants par pure curiosité, il sera raflé chez ses parents (voir encadré). Emprisonné pendant 13 ans, il a recouvré la liberté en 1994. Depuis, il est devenu président de l’Association du 20 juin 1981 et se bat pour le droit des victimes. Mais avant de narrer son histoire et celle des émeutes de Casablanca, il faut dresser le tableau de l’époque. Car impossible de faire l’économie du contexte, seul en mesure de délivrer les signes avant-coureurs de ce drame non programmé. En 1979, le Maroc est frappé par le second choc pétrolier qui pénalise son industrie. En 1980, l’Europe entre en récession, ce…

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