Un univers où ce qui ne peut s’acheter ne peut se penser

Par Fatym Layachi

Il est 13 h 50, tu te gares beaucoup trop loin du trottoir. Tu t’en fiches un peu. Tu ne vas pas prendre la peine de changer ça. Tu n’as pas le temps. Tu es en retard. Toi, tu es toujours en retard, au moins un peu. Ce n’est pas un truc que tu fais exprès, mais tu ne sais pas faire autrement. La vie va peut-être trop vite pour toi. Aujourd’hui, tu vas chez ta tante qui a organisé un de ses déjeuners printaniers. Depuis qu’elle est vaccinée, Madame s’est remise à recevoir. Tu entres dans la maison en souriant à plein de visages familiers. Que c’est bon, cette légèreté retrouvée ! Ta mère te fait remarquer ton retard et te balance un “tu aurais pu te coiffer” qui t’énerve autant qu’il t’infantilise. Tu croises ton reflet dans la baie vitrée. C’est vrai que tu aurais pu te coiffer. Tu prends un verre de Chablis. La confiance en soi peut aussi se boire. Il y a plein de gens sur cette terrasse. Tu fais quelques coups de coude et cherches ta tante…

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