Aux origines de la classe ouvrière marocaine

L’ouvrier marocain est né avec le protectorat. Mais la gestation s’est faite dans la douleur.

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Ouvriers, dockers à Casablanca
Des dockers déchargent des sacs de blé d’un cargo, en octobre 1945, dans le port de Casablanca. Crédit: AFP

Comprendre la genèse du mouvement ouvrier marocain, c’est remonter à l’instauration du protectorat. Car le mouvement ouvrier est d’abord “importé” de France par des travailleurs et fonctionnaires français, désireux de défendre leurs conditions de travail. La plupart des patrons européens, soucieux de la bonne marche de leur entreprise, font appel à des ouvriers qualifiés depuis la métropole. À cette époque, l’économie marocaine, de type ancien, est transformée, elle mue vers une économie diversifiée, des activités de type capitaliste de production, d’échange, de gestion. Ce qui entraîne l’afflux de nombre de Français et d’étrangers employés dans les services publics (postes, ateliers de l’air, guerre, marine, chemins de fer…) ou les secteurs privés (commerce, industrie, mines, construction, travaux publics…), en qualité de techniciens, agents de maîtrise, ouvriers qualifiés. Interdits de former des organisations syndicales, ces travailleurs étrangers sont néanmoins autorisés à intégrer des “mutuelles”, “associations professionnelles” ou “groupements”. Voilà pour les origines.

Les ruraux appauvris, réservoir de la main-d’œuvre

Et la main-d’œuvre marocaine ? “Elle était trouvée à bon marché…

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