Pour ou contre Netanyahu ? En Israël, question pour une 4e élection

Prise 4, action ! Plus de 6,5 millions d’Israéliens votent ce 23 mars pour une quatrième élection en moins de deux ans qui porte sur l’avenir politique du Premier ministre Benjamin Netanyahu, jugé pour “corruption”, mais aussi architecte d’une intense campagne de vaccination anti-Covid.

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Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu assiste à une audience dans son procès pour corruption au tribunal de district de Jérusalem, le 8 février 2021. Crédit: Reuven Castro / POOL / AFP

Les bureaux de vote ont ouvert ce mardi 23 mars à 7 h (5 h GMT) et doivent fermer à 22 h (20 h GMT), prélude à la diffusion des premiers sondages à la sortie des bureaux de vote, avant des résultats plus définitifs attendus vendredi selon la Commission électorale.

Pour ou contre “Bibi” (surnom de M. Netanyahu) ? Telle est la question d’un feuilleton politique qui n’en finit pas. Mais, pour ce quatrième épisode, les acteurs ont changé, le rôle de principal rival de M. Netanyahu, attribué lors des trois dernières élections au général Benny Gantz, étant désormais dévolu à Yaïr Lapid, chef du parti Yesh Atid (“Il y a un futur”).

C’est le moment de vérité (…) soit Yesh Atid est fort, soit nous avons un gouvernement des ténèbres, raciste et homophobe”, a déclaré M. Lapid, après avoir voté dans son fief de Tel-Aviv, la métropole du pays, appelant les électeurs à rejeter le Likoud (droite) du Premier ministre Netanyahu.

Une campagne de vaccination exemplaire

M. Netanyahu, 71 ans, avait en quelque sorte lancé sa campagne électorale par un accord avec le géant pharmaceutique Pfizer permettant à Israël d’obtenir rapidement, dès la fin décembre, des millions de doses de vaccins anti-Covid en échange de données biomédicales sur les effets de la vaccination.

En Israël, près de 50 % de la population a déjà reçu les deux doses de vaccin anti-Covid.Crédit: Menahem Kahana / AFP

Dans les dernières semaines, le pays a mené une des plus intenses campagnes de vaccination au monde, inoculant deux doses de vaccins a près de 50 % de la population, soit plus des deux tiers des électeurs.

Malgré le déconfinement récent — réouverture des bars, des restaurants, cafés — les autorités ont prévu mardi des bureaux de vote spéciaux pour les personnes en quarantaine ou infectées avec du personnel vêtu de combinaison anti-Covid.

Outre Yaïr Lapid, les rôles de principaux rivaux de Benjamin Netanyahu reviennent cette fois au frondeur Gideon Saar et au ténor de la droite radicale Naftali Bennett, suivis par une dizaine de partis qui, dans le système proportionnel israélien, doivent récolter au moins 3,25 % des voix pour obtenir des députés.

On ne change pas un cheval qui gagne. Netanyahu a réussi à vaincre le Coronavirus et à faire d’Israël le premier pays du monde à sortir de la crise sanitaire (…) Et il est le seul qui peut assurer la stabilité économique du pays après le Coronavirus”, estime mardi Asher Lévy, un chef d’entreprise de 57 ans.

“Bye Bye Bibi”

Les derniers sondages créditent le Likoud de la première place avec environ 30 sièges (sur 120), suivi d’une vingtaine pour les troupes de M. Lapid, et de près d’une dizaine chacun pour les partis de MM. Saar et Bennett.

Dans sa quête du Graal — la majorité de 61 députés pour former un gouvernement —, Benjamin Netanyahu compte faire alliance avec la droite religieuse et, fait nouveau, avec l’extrême droite. Yaïr Lapid table sur une entente avec des partis de gauche, du centre, mais aussi de droite, déçus par le Premier ministre.

“Nous voulons du changement (…), mais il faut reconnaître que Benjamin Netanyahu a une solide base électorale”

Michael, 70 ans

Malgré la vaccination et la réouverture des commerces, les partis n’ont pu tenir de grands meetings et la campagne s’est principalement jouée sur les réseaux sociaux, chaque camp tentant de convaincre sa base de vaincre la “fatigue électorale”, après trois scrutins.

Si le Premier ministre joue sur la vaccination, l’opposition fait ses choux gras du procès de M. Netanyahu pour “corruption”, “malversation” et “abus de pouvoir”, débuté il y a quelques mois et qui alimente des manifestations chaque samedi à travers le pays, depuis 39 semaines. Samedi soir, ils étaient encore des milliers à Jérusalem pour crier “Yallah dégage Bibi”, ou “Bye Bye Bibi”.

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Nous voulons du changement, du changement et encore du changement (…), mais il faut reconnaître que Benjamin Netanyahu a une solide base électorale”, souligne Michael, âgé de plus de 70 ans et venu voter mardi matin à Jérusalem avec son épouse.

Lors des trois dernières élections, le chef du parti nationaliste laïc Israel Beiteinou, Avigdor Lieberman, avait refusé de dire s’il rejoindrait une coalition pro ou anti-Netanyahu. Cette fois, c’est Naftali Bennett qui enfile le costume de “faiseur de rois”. L’appui du chef du parti de la droite radicale Yamina pourrait en effet permettre à un camp d’atteindre la barre des 61 députés.

À ce jour, M. Bennett se montre à la fois critique de la gestion de M. Netanyahu, mais proche de son idéologie, entretenant savamment le flou sur ses intentions précises. “J’espère seulement que nous aurons enfin un gouvernement qui sera au service de la population”, a-t-il lancé mardi, suggérant ainsi vouloir éviter le cinquième épisode de ce feuilleton électoral.

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