Laila Slassi: “Tant qu’il n’y a pas de coups et blessures, les conséquences du viol sont minimisées par la justice”

Le collectif Masaktach a réalisé une étude à paraître dans les prochains mois sur le traitement judiciaire des affaires de viol et d’agressions sexuelles, en prenant pour échantillon le mois de novembre 2019. Laila Slassi, cofondatrice de Masaktach et juriste au sein de la cellule chargée de l’étude, décrypte ses principaux résultats.

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Quelles sont les caractéristiques saillantes du portrait judiciaire dressé par l’étude de Masaktach?

La première chose qui nous a frappés en analysant les chiffres que nous avons reçus, c’est le nombre d’affaires en cours au mois de novembre 2019. Celui-ci s’élève à 1169 sur tous les tribunaux du royaume. Lorsqu’on met ce chiffre en perspective avec ceux du HCP, qui nous indiquent que plus de 13% des femmes disent avoir déjà été victimes de violences sexuelles au cours des douze mois précédant l’enquête, on comprend que très peu de plaintes sont déposées ou arrivent en état d’être jugées. D’autre part, on constate un grand laxisme dans les décisions de justice: les peines vont très souvent en dessous du minimum…

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