Reportage: Tanger, engloutie dans l’informel

28 ouvriers du textile ont péri à Tanger dans la matinée du lundi 8 février, suite à une averse soudaine. Engloutis sous les eaux dans une cave qui leur servait d’atelier, ils sont d’abord victimes de conditions de travail d’un autre âge. L’usine AM Fashion, qualifiée de “clandestine” par la wilaya, est au cœur de la polémique.

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L’enterrement des 28 victimes a eu lieu le lendemain de la catastrophe. Crédit: YASSINE TOUMI/TELQUEL

Un lundi noir à Tanger. Le 8 février, le sous-sol d’une usine de textile —“clandestine” selon les autorités locales — s’est transformé en fosse commune pour 28 travailleurs. L’hécatombe s’est produite vers 9 heures du matin, lorsque des pluies torrentielles ont balayé les quartiers de Bendibane et d’El Mers.

Le calme avant la tempête

“A l’extérieur, le niveau des eaux a commencé à augmenter. J’ai fait retentir l’alarme, mais en l’espace de quelques secondes, les vitres se sont fracassées et les crues ont complètement inondé le sous-sol”

Abderrahim Ghatfani, mécanicien de l’usine
L’usine sinistrée est située en bas d’un quartier résidentiel sans histoire. Les journaliers y accomplissaient leur besogne habituelle, et les machines de confection tournaient à plein régime. “A l’extérieur, le niveau…
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