Une exception à la marocaine

Par La Rédaction

Le début d’année 2021 aura été marqué par un débat juridique sur la détention préventive. Notamment sa récurrence : certains critiquent un recours excessif à ce mécanisme privatif de liberté, d’autres dénoncent une politique murant les voix critiques avant les procès et les jugements. Un débat dont l’écho s’est fait ressentir jusqu’à l’hémicycle, où nos élus étaient invités à discuter un rapport d’une mission d’information dans les prisons. Le président du Parquet général, Mohamed Abdennabaoui, l’avouait lui-même à TelQuel, en 2018. Les autorités judiciaires ne sont toujours pas parvenues à “résoudre le problème de la détention préventive qui continue à constituer une préoccupation majeure pour la politique pénale”. Pourtant, ce sont bel et bien les juges d’instruction et les procureurs qui l’ordonnent. Mesure exceptionnelle, du moins en théorie, la détention préventive tend à devenir la règle au Maroc. En témoignent les derniers chiffres du Parquet général dans son rapport annuel de 2019. Au 31 décembre 2019, 33.689 individus étaient des détenus préventifs, soit 38,9 % de la population carcérale. Si…

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