Fatima Mernissi ou le Simorgh contre la peur

Il y a cinq ans, le 30 novembre, nous quittait Fatima Mernissi. Son œuvre témoigne de sa pensée profonde, libre et optimiste.

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Fatima Mernissi
Fatima Mernissi était sociologue et écrivaine. Parmi ses œuvres, Rêves de femmes, une enfance au harem (Le Fennec, 1997), Sultanes oubliées, femmes chefs d’État en Islam (Le Fennec, 1990). Crédit: DR

Un plaidoyer solide pour une modernité apaisée, réconciliée avec l’idée d’autochtonie créative”. C’est ainsi que le politologue Mohamed Tozy présente La peur-modernité, conflit Islam-Occident de Fatima Mernissi, où il lit “les germes d’une tranquille révolte féminine”. Dans cet ouvrage paru en 1992, au lendemain de la première guerre du Golfe, et réédité en poche chez Le Fennec, la sociologue poursuit son analyse des peurs qui structurent notre monde et surtout qui l’entravent en déchaînant des violences. Après la peur des femmes et celle des technologies, elle se penche sur la peur de la modernité : “Née dans un harem, j’ai compris très tôt, instinctivement, que derrière toute frontière se cache une terreur.”

Dans la liberté de l’écriture

La force de cet essai, c’est sa méthode. Cheminant sur les ailes des mots, Fatima Mernissi remet virtuosement en perspective les faits et les concepts. Forte de sa solide culture trilingue, elle souligne les étymologies, les variations de sens, les glissements,…

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