Le Groupe OCP se voit imposer des droits compensateurs sur ses importations américaines

Dans une décision préliminaire rendue par le département du Commerce des États-Unis, l’OCP se voit imposer des droits compensateurs sur ses importations américaines de l’ordre de 23,46 %.

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Nouveau rebondissement dans le bras de fer qui oppose l’Office chérifien des phosphates (OCP) et son concurrent américain, le producteur d’engrais phosphatés Mosaic. Mardi 24 novembre, le département du Commerce des États-Unis a rendu une décision longtemps attendue, en imposant des droits compensateurs de 23,46 % sur les importations américaines d’engrais phosphatés marocains. Une décision rendue à titre “préliminaire” et qui concerne également le phosphatier russe PhosAgro qui verra, lui, ses importations imposées à 20,94 %.

“Pétition malavisée”

Alors que le Maroc et la Russie ont presque complètement suspendu les exportations d’engrais phosphatés en direction des États-Unis, ce verdict sonne comme une première victoire pour leur concurrent américain Mosaic.

Le phosphatier américain avait déposé une requête fin juin auprès du département américain du Commerce, s’estimant lésé par la concurrence russe et marocaine, qui importe des volumes importants “injustement subventionnés”, et victime d’une “distorsion de marché” qui lui serait “préjudiciable”.

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Dans un communiqué diffusé le lendemain, ce 25 novembre, le Groupe OCP annonce “prendre acte de la décision” de l’administration américaine, en réponse à une “une pétition malavisée de la société Mosaic”. “Nous continuons à croire fermement qu’il n’y a aucune base pour l’imposition de droits sur les importations marocaines d’engrais aux États-Unis”, ajoute la communication du géant phosphatier marocain. Et de poursuivre : “De tels droits nuiront aux agriculteurs américains en leur refusant l’accès à une source fiable de nutriments vitaux pour les cultures.”

“De tels droits nuiront aux agriculteurs américains en leur refusant l’accès à une source fiable de nutriments vitaux pour les cultures”

Groupe OCP

Faisant part de son intention de rester “un partenaire important et innovant des agriculteurs américains”, le groupe OCP détaille une première phase du verdict qui survient au moment où l’agriculture américaine fait déjà face à “une baisse de ses bénéfices sur plusieurs années”.

À La Nouvelle-Orléans, l’une des principales régions importatrices, les prix du phosphate de diammonium (DAP) ont atteint les 320 dollars américains, contre 275 avant le rendu public de la requête. La faute à une conjoncture mondiale où les prix du phosphate connaissent une forte augmentation en raison des problèmes d’approvisionnement en matière première.

Nouvelle décision attendue

De janvier à avril 2020, le Maroc a trusté la première place des exportations de phosphate de diammonium (DAP) et de phosphate de monoammonium (MAP) vers les États-Unis. D’après la base de données ICIS, qui s’appuie sur les chiffres fournis par le Bureau de recensement des États-Unis, le Maroc revendique ainsi 49,65 % de part de marché aux États-Unis sur le DAP et 67,90 % concernant le MAP. Des chiffres néanmoins freinés par la pandémie, engendrant une baisse de 40,12 % et 0,84 % respectivement.

La décision est un pas de plus vers un commerce équitable et garantit aux agriculteurs américains qu’ils pourront compter sur les engrais américains lors des décennies à venir. Ces subventions gouvernementales étrangères doivent être traitées afin de rendre les règles du jeu équitables sur le marché américain”, a commenté le président du phosphatier américain Joc O’Rourke, dès l’annonce du verdict.

Lors des prochains jours, les nouveaux taux d’imposition entreront en vigueur sur les importations marocaines d’engrais phosphatés aux États-Unis. Un verdict sur lequel le camp marocain entend revenir en prouvant “qu’il n’y a aucune raison d’imposer des droits compensateurs”. Et d’appuyer : “Nous avons pleinement coopéré à cette première phase et continuerons de défendre notre cause lors de la deuxième phase du processus, qui doit s’achever d’ici mars 2021.

Le rendu de la décision du département du Commerce est attendu pour le 8 février 2021, tandis que la décision finale émanant de la Commission du commerce international des États-Unis est attendue pour le 25 mars.

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