Ait Taleb baisse le prix de 34 médicaments utilisés pour le traitement de cancers, de maladies cardiovasculaires et oculaires

Le ministère de la Santé a publié une nouvelle liste de médicaments dont les prix ont baissé. Le médicament Ibrance, prescrit dans la thérapie contre le cancer du sein,et dont le coût avait été pointé par une enquête de TelQuel, en fait partie.

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Conférence de presse du ministre de la Santé Khalid Ait Taleb. Crédit: Rachid Tniouni/TelQuel

La liste des médicaments concernés par la révision des prix de vente s’élargit. Le ministère de la Santé a publié au Bulletin officiel du 1er octobre 2020 la liste des médicaments — princeps et génériques — dont le prix a été revu à la baisse. Il s’agit de 34 médicaments dont le prix public de vente initial variait entre 29 et 42.562 dirhams, qui ont connu des réductions de 1 à plus de 20.000 dirhams.

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Les références concernées par cette nouvelle révision entrent dans le cadre du traitement de plusieurs maladies coûteuses, notamment des cancers, des maladies cardiovasculaires, ainsi que des maladies oculaires :

Ils s’ajoutent ainsi à une liste de plus de 3600 médicaments dont le prix a baissé après l’application des dispositions du décret 2.13.852, publié le 19 décembre 2013, portant sur les conditions et modalités de fixation des prix des médicaments.

Cette démarche s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de la politique nationale du médicament destinée à faciliter l’accès des citoyens aux médicaments et à alléger le fardeau des dépenses de couverture médicale. Elle s’inscrit également dans la lignée de la politique du médicament ayant pour objectif de favoriser un accès équitable à des traitements de qualité à des prix convenables, apprend-on d’une source au département de Khalid Ait Taleb.

Ibrance dans le vert

Ibrance, prescrit dans la thérapie du cancer du sein, a profité de la plus forte baisse. Après une première réduction de son prix de 52.484 à 42.562 dirhams il y a un an, le ministère de la Santé a fixé son prix public de vente à 24.123 dirhams. Entre-temps, TelQuel avait publié une enquête portant sur la cherté des médicaments au Maroc ayant comme point de départ une étude interne réalisée par la Caisse nationale de sécurité sociale (CNOPS). Celle-ci fait état de différentiels de prix très significatifs entre les marchés marocains et français concernant 33 références remboursées par les organismes gestionnaires de l’Assurance maladie obligatoire (AMO), notamment Ibrance, dont le prix est désormais aligné sur celui de la France.

Réalisée par la CNOPS, cette liste de 33 médicaments donne un aperçu des écarts de prix béants entre un pays à faible pouvoir d’achat, le Maroc, et un pays de l’OCDE, la France. Les médicaments retenus dans la liste se répartissent sur 18 classes thérapeutiques.

La comparaison des prix de ces 33 médicaments avec ceux de la France a révélé des différences inouïes. Les prix sont jusqu’à 3 fois supérieurs au Maroc comparativement à ceux pratiqués en France, alors que le pouvoir d’achat est plus de 6 fois inférieur à celui de l’Hexagone. Parmi les raisons de ce différentiel selon l’enquête de TelQuel : une méthodologie de fixation des prix biaisée, un puissant lobbying de l’industrie pharmaceutique, mais aussi un pouvoir réduit de négociation du ministère de la Santé.

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