Le Marocain, cet être digne

Par Réda Dalil

C’est un café de Casablanca ni bourgeois ni tout à fait populaire, un café où l’expresso coûte dans les dix dirhams. A l’intérieur, des serveurs masqués font la ronde autour des tables. Quelques clients bravant le Covid sirotent leur noss-noss, un gel désinfectant à portée de main. Rien qui sorte de l’ordinaire. L’observateur averti constatera néanmoins qu’une dame voilée, la cinquantaine, en djellaba bien repassée mais, à y regarder de plus près, élimée aux manches, aux bordures usées, se dirige, tatillonne, vers le comptoir, et d’un timide mouvement de l’index se signale à une caissière blasée. Les deux s’échangent quelques mots, avant que la dame en fichu ne rebrousse chemin, la démarche lasse, comme en proie au découragement. Et puis une autre fait son entrée, celle-ci en habit plus moderne, peut-être une assistante de direction, et une autre, toutes les cinq minutes, dans une procession identique. Ce défilé dure une heure, deux heures, toute la journée. Parfois, c’est un homme en jean’s chemise qui s’y colle. Avec lui aussi, la caissière sacrifie au rituel. Et lui aussi, après un soupir,…

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