Instantanés d’un Maroc sous (co)vide

Par Yassine Majdi

31 mars, 19 h 30, sur les collines surplombant Ouezzane. A l’intersection de la route nationale qui prend la direction de Fès et d’un chemin escarpé lui permettant d’accéder au village, Abdeslam s’assied en position sur son rocher. Comme chaque jour, il voit le soleil se lever et se coucher. Et réfléchit. La nuit tombe, mais le spectacle a perdu de sa saveur, car privé d’un bon nombre de ses acteurs. Le confinement, Abdeslam en a entendu parler à travers sa fidèle radio qui l’accompagne désormais depuis 30 années. Ondes moyennes, ondes courtes, il n’est jamais pris de court par le flux de l’information. La malédiction du coronavirus et les restrictions qui l’accompagnent, il ne les comprend qu’à moitié. Le souk dans lequel il avait l’habitude d’écouler son stock d’olives et de figues de barbarie a fermé.

La malédiction du coronavirus et les restrictions qui l’accompagnent, il ne les comprend qu’à moitié

Yassine Majdi
Privé de gagne-pain, il ne comprend pas pourquoi les enfants de son village, dont les habitants sont peu connus pour leur mobilité, ne peuvent plus partir…

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