Culture du viol : pourquoi la HACA ne va pas sanctionner Télé Maroc

Lors d’une émission sur Télé Maroc, le gynécologue Khalid Fathi justifiait le viol des femmes par leur refus du mariage. Cette séquence qui a suscité une vive polémique n’est pourtant pas passible de sanction par la HACA. Voici pourquoi.

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Khalid Fathi, lors de l'émission sur Télé Maroc. Crédit: Capture d'écran

Dans une intervention sur Télé Maroc il y a quelques mois, le gynécologue Khalid Fathi estimait que les femmes devaient “accepter de se marier” pour remédier à la hausse inquiétante du nombre de viols. “Je vais vous dire pourquoi les viols ont augmenté. Tout le monde a des envies sexuelles. (…) Si cette énergie est refoulée, elle est exprimée d’une mauvaise manière : par le viol”, justifie le gynécologue.

Pour lui, il faut dompter cette envie en l’inscrivant dans le cadre réglementaire de la famille, une institution dont il déplore l’écroulement dans nos sociétés. Khalid Fathi impute donc naturellement la responsabilité de cet écroulement à “la femme parce qu’elle refuse le cadre du mariage. Elle dit ‘mon corps, ma liberté’ pour échapper à toutes les limites de la morale, de l’anatomie, de la religion, et de la famille. Depuis que la famille n’est plus, la société n’est plus et le viol a connu une importante recrudescence. On ne peut pas combattre le mariage et souhaiter que le nombre de viol baisse”, s’indigne le médecin praticien.

Dégoût et indignation

La vidéo en question est ressortie début juin sur les réseaux sociaux, poussant plusieurs internautes à appeler à une intervention de la Haute autorité de la communication audiovisuelle (HACA), notamment via une pétition en ligne.

Contactée par TelQuel, une source autorisée au sein de l’instance de régulation nous explique que “la HACA ne peut pas se saisir de la question, car Télé Maroc émet depuis l’étranger et est donc en dehors du périmètre de régulation”. Notre interlocuteur argue qu’il ne s’agit “ni de permissivité ni de non-vigilance” et que “la HACA maintient une veille sur le discours misogyne et le discours de haine dans les médias”.

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Suite à la polémique, Télé Maroc a supprimé l’épisode de ses plateformes numériques et s’est excusée dans un communiqué auprès de ses téléspectateurs.

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