Adieu Ssi Abderrahmane

Par Réda Dalil

Le Maroc a perdu en Abderrahmane Youssoufi un grand homme d’Etat, d’une étoffe depuis longtemps disparue. Le présent n’enfante plus guère les grandes figures politiques d’antan. Le sens de l’engagement, du militantisme sincère, du combat au nom de l’intérêt général s’est effiloché, laissant place à une recherche effrénée de prébendes, de portefeuilles ministériels et de rentes de situation. Youssoufi, dont la longue vie a balisé l’essentiel du 20e siècle, est un homme de plusieurs époques. Il est frappant de noter avec quelle constance celui-ci a abordé une histoire changeante, versatile, apportant son lot de nouveaux enjeux, de contraintes inédites. Puisant dans son Tanger natal, zone internationale à l’époque, une ouverture sur le monde, son engagement pour l’indépendance et la démocratie au Maroc n’excluait pas des combats menés au nom de la liberté de peuples opprimés aux quatre coins de la planète. Son activisme diplomatique lui a conféré une aura internationale dont il a fait profiter le royaume dans la défense de sa cause nationale. Militant de gauche, imbibé par les idées de Mehdi Ben Barka dont il admirait l’inépuisable énergie…

article suivant

Treize ans après la disparition de la petite Maddie, un Allemand suspecté de "meurtre"