Paradis fiscaux, le coup bas de l’Union européenne

Par Réda Dalil

Le 4 mai 2019, les officiels s’étaient portés beaux pour l’occasion. Tout ce que compte le Maroc comme décideurs publics d’envergure et de grands patrons s’était retrouvé au centre de conférences de Skhirat pour participer aux travaux des 3e Assises nationales de la fiscalité. L’événement, élevé dans les médias au rang de big-bang, suscitait des attentes folles. Un peu plus d’un an plus tard, les promesses ont fait pschitt. Les recommandations issues de l’événement n’ont même pas fait l’objet d’une loi-cadre, et la Loi de Finances 2020 n’y fait aucune allusion. Ce jour-là, l’ancien commissaire européen Pierre Moscovici avait glacé l’ambiance en prononçant un discours ferme à l’endroit des largesses fiscales proposées par les zones franches marocaines. Ces périmètres à la fiscalité allégée abritent des usines comme Renault ou Peugeot, gros employeurs à la recherche d’avantages coûts pour délocaliser leur production et donc créer de l’emploi. Moscovici déplorait que le royaume exerce une concurrence déloyale vis-à-vis de l’Europe en pratiquant un dumping fiscal qui ne dit pas son nom, et visait a fortiori le fameux statut CFC (Casa Finance City)…

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