Après Wuhan, les étudiants marocains de Wenzhou appellent au secours

Si les Marocains de Wuhan, berceau du coronavirus en Chine, vont être rapatriés ce 2 février, une dizaine de ressortissants marocains habitant la ville de Wenzhou, deuxième ville la plus touchée par le virus, appellent toujours au secours.

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Les étudiants marocains à Wenzhou appellent à l'aide sur les réseaux sociaux. Crédit: DR

Ils sont onze à appeler au secours. Des étudiants marocains dans la ville de Wenzhou — considérée comme la deuxième ville chinoise la plus touchée par le coronavirus — se retrouvent livrés à eux-mêmes face aux risques de propagation du virus. Abderrahman, 26 ans, en fait partie.

Arrivé dans l’Empire du Milieu en septembre dernier, cet étudiant est depuis installé à Wenzhou, dans la province de Zhejiang, où la communauté marocaine n’est pas aussi importante qu’à Wuhan. “Nous sommes tout aussi inquiets, la ville risquant la mise en quarantaine à tout moment”, craint-il.

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De nombreux commerces et établissements de Wenzhou sont fermés à l’occasion du Nouvel An chinois. Les banques, à titre d’exemple, ne rouvriront que mi-février, ce qui inquiète les étudiants marocains qui reçoivent des virements de la part de leurs parents ou tuteurs au Maroc.

À cela s’ajoutent les mesures sécuritaires mises en place par les universités. Pour quitter l’université, nous devons signer un papier, une sorte de décharge qui stipule que nous ne reviendrons pas à l’université, car on risque d’être porteurs du virus à notre retour”, relève Yousra, 20 ans. “À titre personnel, j’ai mon vol vers le Maroc demain, samedi 1er février. Mais vu le nombre de compagnies qui suspendent leurs vols vers la Chine récemment, je n’ai aucune garantie que le mien ne soit pas annulé. Si c’est le cas, je ne pourrai pas regagner le dortoir, car j’ai signé la décharge”, déplore cette étudiante marocaine à Wenzhou.

Plus de 220 cas de personnes porteuses du virus ont été recensés. On sait que ce ne sont pas les vrais chiffres, car il y a forcément des cas qui n’ont pas été dépistés. Des rumeurs persistantes affirment que la ville va être mise en quarantaine dès le 1er février”, s’inquiète Abderrahman.

“Lorsqu’on a contacté l’ambassade, ils nous ont dit qu’ils allaient prier pour nous, car tant que la ville n’est pas mise en quarantaine, impossible d’intervenir”

Abderrahman, étudiant à Wenzhou

 “On est usés mentalement, on dirait qu’on vit dans un scénario de film apocalyptique. On cherche tous un moyen de rentrer au pays à moindre risque. Lorsqu’on a contacté l’ambassade, ils nous ont dit qu’ils allaient prier pour nous, car tant que la ville n’est pas mise en quarantaine, impossible d’intervenir”, indique l’étudiant. “En tout, nous sommes onze. Huit filles et trois garçons, tous étudiants. On n’est pas nombreux, et c’est ce qui fait que notre voix n’est pas aussi entendue que celle des étudiants de Wuhan”, déplore-t-il.

Yousra, quant à elle, compare le sort des étudiants marocains à celui des étudiants du Bahreïn. “Sillonnez les rues de la ville, vous ne verrez aucun étudiant du Bahreïn. Ils sont tous rentrés chez eux, et c’est leur ambassade qui s’est occupée de leurs billets d’avion et des moyens de transport vers les aéroports. On en est loin.”

L’ambassade dans l’attente

L’ambassade marocaine a été très réactive dans le cas des 100 étudiants marocains de Wuhan. En revanche, pour les onze étudiants de Wenzhou, tant que la ville n’est pas mise en quarantaine par le gouvernement chinois, l’ambassade affirme ne pas avoir de solution miracle.

Nous avons été contactés par les étudiants de Wenzhou qui sont à leur tour très inquiets. Mais pour l’instant, on ne peut rien faire car la ville n’est pas mise en quarantaine”, nous déclare Hamid Ballouch, premier secrétaire de l’ambassade marocaine de Pékin, qui gère actuellement le dossier des étudiants marocains de Wuhan.

 Les Marocains de Wuhan débarquent à Meknès

Les étudiants marocains à Wuhan ont reçu un communiqué de l’ambassade marocaine, dont TelQuel détient copie, selon lequel un vol spécial sera affrété, avec une équipe de médecins qualifiés à bord pour effectuer les analyses. L’avion décollera ce vendredi 31 janvier de Casablanca pour rejoindre Pékin après escale à Moscou, avant de s’envoler vers Wuhan et prendre ensuite la direction de Meknès. L’atterrissage est prévu à l’aéroport militaire Bassatine le dimanche 2 février, où les rapatriés seront pris en charge.

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