Virus en Chine : l'appel au secours d'une centaine de Marocains mis en quarantaine à Wuhan

26 morts, près de 1000 cas recensés... c’est l’actuel bilan du coronavirus qui se propage en Chine et au-delà, à une vitesse inquiétante. À Wuhan, ville considérée comme le “berceau” du virus et mise en quarantaine, une centaine d’étudiants marocains appellent au secours. 

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23 janvier, à 1000 km de Wuhan, les habitants de Beijing portent des masques pour se protéger du virus qui se répand en Chine. Crédit: Nicolas Asfouri/AFP

Le coronavirus est apparu le mois dernier à Wuhan, une ville au centre de la Chine, aujourd’hui mise en quarantaine. La circulation des transports publics y est interdite, la plupart des commerces fermés, et les vivres se font de plus en plus rares. Une centaine d’étudiants marocains font partie des personnes mises en quarantaine par mesure de sécurité.

Inquiétude justifiée

Tout a commencé en décembre. On a commencé à entendre parler d’un virus qui pouvait probablement être tueur. Il ne s’était propagé que dans une zone connue pour le commerce de poisson frais. Ils ont procédé à une mise en quarantaine de cette zone, croyant que le virus se propageait à travers les aliments. Mais tout a changé après les premiers cas de décès”, révèle à TelQuel Mohamed, un étudiant de 24 ans qui prépare son master à l’université de Wuhan.

“Les autorités nous ont indiqué que toute tentative de sortie de la ville était passible d’amende et de prison ferme”

Mohamed, étudiant à Wuhan

État de panique générale. L’augmentation des prix du peu d’aliments disponibles ne facilite pas la vie des étudiants marocains qui se sont retrouvés en quarantaine, avec interdiction de quitter la ville. “Les autorités nous ont indiqué que toute tentative de sortie de la ville était passible d’amende et de prison ferme”, précise Mohamed, qui s’inquiète particulièrement pour les Marocains habitants loin du centre-ville, également privés de transports publics.

J’ai acheté des billets d’avion pour rentrer au Maroc, dès que le virus a commencé à prendre de l’ampleur. Puis on m’a informé que tous les vols étaient annulés, et que personne n’avait le droit de quitter la ville. On ne sait pas quoi faire, nos parents sont inquiets, on attend toujours”, relate Nada, 18 ans, qui vit sa première année en tant qu’étudiante en Chine.

Je connais plusieurs étudiants qui ont été pris de court par l’interdiction des transports publics, ils n’ont même pas pu faire leurs courses, sachant qu’on nous a conseillé de ne manger que des fruits et légumes, c’est compliqué”, ajoute Mohamed, qui nous indique que l’ambassade marocaine de Pékin a déjà contacté la communauté marocaine de Wuhan. Par le biais d’un communiqué, l’ambassade a demandé aux étudiants de s’en tenir aux consignes de sécurité en attendant de trouver une solution pour une éventuelle évacuation.

L’ambassade à la rescousse

Dans ce communiqué daté du 24 janvier, l’ambassade marocaine de Pékin, qui dit être en contact permanent avec les autorités chinoises compétentes pour trouver une solution, a tenté de rassurer les étudiants. “L’ambassade du Royaume du Maroc appelle tous les membres de la communauté marocaine à rester vigilants et à suivre toutes les mesures préventives préconisées par les autorités chinoises, sachant que l’Organisation mondiale de la santé n’a pas qualifié la situation comme une urgence sanitaire”, lit-on dans le communiqué.

“Les autorités chinoises nous ont demandé une liste comportant les noms des Marocains que nous comptons évacuer”

Abdellah Achach, ambassade du Maroc à Pékin

Contacté par TelQuel, Abdellah Achach, premier secrétaire de l’ambassade marocaine à Pékin, nous confie que les autorités chinoises ont réagi à la demande marocaine. “Pour le moment, nous sommes en contact permanent avec les autorités chinoises, qui nous ont demandé une liste comportant les noms des Marocains que nous comptons évacuer”, nous a-t-il déclaré.

Ce matin, ils nous ont rassurés en nous confiant qu’il n’y avait aucune interdiction de quitter la ville en cas d’intervention de l’ambassade, et que c’est plus une question de logistique, pour trouver un moyen de transport qui soit sécurisé, et pour que les mesures préventives et autres tests soient effectués sur les Marocains de Wuhan”, ajoute notre interlocuteur.

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