Belliraj, Zefzafi, Bouachrine : la DGAPR répond à HRW concernant les conditions de détention

Pour l’administration des prisons, Human Rights Watch “cherche à propager une image erronée de la réalité des droits de l’Homme au Maroc et dans les établissements pénitentiaires en particulier”.

Par

La Délégation générale à l’administration pénitentiaire et à la réinsertion (DGAPR) accuse Human Rights Watch (HRW) de “publier de fausses informations”. Crédit: AFP

Le 17 janvier, Human Rights Watch (HRW) publiait un article alertant sur les conditions de détention d’Abdelqader Belliraj, reconnu coupable en 2009 d’avoir dirigé un réseau d’islamistes radicaux, et de six meurtres en Belgique entre la fin des années 1980 et le début des années 90, ce qu’il a toujours nié. Moins de 24 heures après la mise en ligne de l’article, l’administration pénitentiaire a réagi aux “allégations mensongères” de l’ONG internationale.

Abdelqader Belliraj, un “traitement spécial”

Dans un communiqué relayé vendredi par la MAP, la Délégation générale à l’administration pénitentiaire et à la réinsertion (DGAPR) a accusé HRW de “publier de fausses informations” concernant trois détenus et de “chercher intentionnellement à nuire à la réputation du secteur et à propager une image erronée de la réalité des droits de l’Homme au Maroc et dans les établissements pénitentiaires en particulier”.

L’épouse d’Abdelqader Belliraj a déclaré à Human Rights Watch que Belliraj était enfermé dans sa cellule 23 heures sur 24 et privé de tout contact avec ses codétenus depuis 2016, ce qui contrevient aux normes des Nations unies sur le traitement des prisonniers. Dans sa “mise au point”, la DGAPR précise que “le prisonnier, actuellement en détention à la prison Toulal 2, est placé dans une cellule répondant à toutes les conditions nécessaires d’hygiène (éclairage, aération…), comme il bénéficie de son droit à la promenade quotidienne d’une heure, durant laquelle il exerce ses activités sportives, à l’instar de tous les autres détenus hébergés dans le même quartier”. Le document ajoute que le détenu “bénéficie de repas respectant le régime alimentaire qui lui a été prescrit par le médecin, tout en jouissant du droit de s’approvisionner en produits alimentaires à l’épicerie de l’établissement”.

Ce détenu fait l’objet d’un traitement spécial lui permettant d’accueillir sa famille même hors des jours qui lui sont fixés, pour des durées plus longues et en accueillant plus de visiteurs, du fait que sa famille ne réside pas au Maroc et ne lui rend pas régulièrement visite”, précise l’administration pénitentiaire. “Il bénéficie également de son droit d’appeler régulièrement sa famille et d’envoyer et recevoir des lettres.

Des allégations “dénuées de tout fondement”

Dans son article publié le 17 janvier, HRW affirme également que Taoufik Bouachrine (fondateur et ex-directeur de publication d’Akhbar Al Yaoum, condamné à 15 ans de prison en appel pour “traite d’êtres humains”, “abus de pouvoir à des fins sexuelles”, “viol et tentative de viol”) a été privé de tout contact avec d’autres détenus et même empêché de parler à ses gardiens pendant plus d’un an après son arrivée à la prison d’Aïn El Borja à Casablanca en 2018. La DGAPR affirme que ces allégations sont “dénuées de tout fondement”, faisant savoir que “ce détenu est en contact quotidien avec les fonctionnaires de l’établissement et qu’il a lui-même préféré être placé dans une cellule individuelle”.

HRW avait également relayé que “des membres de la famille de Nasser Zefzafi (…) ont déclaré à Human Rights Watch qu’il était resté enfermé dans sa cellule 23 heures par jour pendant au moins un an après son transfert à la prison de Oukacha à Casablanca en 2017”. Pour son cas, la DGAPR assure que “le détenu incarcéré à la prison de Ras El Ma à Fès jouit de tous ses droits garantis par la loi, y compris la promenade quotidienne, une alimentation équilibrée, en quantité et en qualité, et les examens médicaux en cas de nécessité ainsi que les médicaments prescrits”.

article suivant

Droits TV CAF : un marché injustement attribué, et un contrat à “durée indéterminée” (5/5)