Place des grands hommes

Par Réda Dalil

C’est une petite tombe anonyme, nichée sur un trottoir du cimetière des Chouhada à Casablanca. Une tombe peu entretenue, oubliée. A peine une stèle fissurée et quelques fleurs fanées pour seul ornement. Ci-gît pourtant un homme d’Etat comme il en existe peu sous nos cieux: Abdallah Ibrahim. Nommé président du Conseil en 1958 par Mohammed V au lendemain de l’indépendance, cet homme de gauche, un des fondateurs de l’UNFP, a installé, avec Abderrahim Bouabid, vice-président du Conseil et ministre de l’Economie nationale et des Finances, les fondements de l’économie marocaine. Ce tandem d’action a mis le Maroc moderne en orbite en à peine dix-huit mois, de décembre 1958 à mai 1960. Si vous vous hasardez à consulter le Bulletin officiel de l’époque, vous y trouverez la preuve tangible de la capacité de travail et de la vision de ces deux hommes. Opérant avec méthode, le duo a articulé sa vision autour de quatre axes névralgiques. D’abord, assurer la souveraineté économique du pays en créant la monnaie nationale et la Banque du Maroc. Ensuite, armer le royaume d’institutions financières aptes à…

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