Le klaxon comme parade nuptiale

Par Omar Saghi

La manie du klaxon au Maroc ne peut s’expliquer par l’impatience, le laisser-aller ou la simple habitude. Véritable rite obsessionnel, le klaxon compulsif fait de l’espace public une bulle sonore compacte et permanente. Pratique publique, elle est donc politique, et exprime une conception de la vie collective. Il existe des classements des pays par degré de respect du Code de la route, par mortalité routière, ou par nombre d’accidents au kilomètre. Il existe d’autres types de classement, par degré de démocratisation, de respect des lois, de transparence ou de corruption. Ces deux échelles de mesure peuvent être croisées. Le parallèle entre les deux révèle, immanquablement, une cohérence entre la manière de conduire et le rapport à la politique. Les pays les plus démocratiques, les moins corrompus, les plus respectueux des libertés publiques, sont également ceux qui affichent les taux les plus bas d’accidents sur leurs routes. Plus que le développement technologique, l’état du réseau routier ou l’âge du parc automobile, c’est d’abord le paramètre démocratique qui est le plus pertinent pour expliquer la conduite routière. Et ce n’est après tout…

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