Printemps arabe, acte II?

Par Omar Saghi

Le Soudan vit depuis plusieurs semaines au rythme de manifestations incessantes. Initiés contre les difficultés économiques, les rassemblements visent désormais la chute du régime. L’Algérie se mobilise depuis fin février contre un cinquième mandat du président. Là aussi, demandes sectorielles et désir de changement politique ont mêlé leurs eaux. Algérie, Soudan. Deux pays arabes, mais périphériques: par rapport au cœur ethnique et linguistique de la région, on est dans les bordures berbères et nilotiques. Mais de là à croire qu’il n’y aura pas contagion, il y a plus qu’un pas. Car les capitales arabes, Le Caire et Riyad en particulier, suivent avec attention les évolutions à Alger et Khartoum. La région n’est plus la même qu’en 2011. Lors du Printemps arabe, les lignes de démarcation ont été plutôt claires: les républiques autoritaires ont vu leur mode de gouvernance s’effondrer, les monarchies sont sorties revigorées par la nouvelle donne. Mais, désormais, huit ans et quelques guerres civiles plus tard, les cartes sont rebattues. Plutôt que d’une opposition entre dictatures et régimes traditionnalistes, on assiste à une bipolarisation accélérée entre néo-autoritarismes et…

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