Où va Alger?

Par Omar Saghi

Il est toujours périlleux de pronostiquer l’avenir politique d’un pays. Surtout quand il s’agit de l’Algérie, dont la proximité avec le Maroc rend l’exercice ambigu. Le président Bouteflika est devenu impotent en 2013, le prix du baril de pétrole a chuté en 2014. Les deux piliers du système, l’autoritarisme et la rente, ont donc été frappés de plein fouet, quasi-simultanément. Cinq ans plus tard, les dernières réserves (de devises et de charisme politique) sont presque épuisées. Et les paris vont bon cours sur l’avenir d’une nation réputée frondeuse. On peut tenter quelques hypothèses. Trois, plus précisément. Basse, moyenne et haute. L’hypothèse basse, minimale, serait une continuation du système, jusqu’à épuisement final, biologique, par la mort de Bouteflika, et financier, par le tarissement des réserves de devises. C’est-à-dire quelques années encore. Le pouvoir à Alger, qui est une coalition d’intérêts, joue cette carte, qui ne fait que reporter les décisions. Est-elle crédible? Probablement. Ni la situation actuelle des pays arabes, ni le souvenir des années noires, ni la frilosité des Occidentaux, ne poussent à un changement de régime. Les manifestations qui…

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