Entre la peste et le choléra

Par Aicha Akalay

Les relations entre nous étaient cristallines. Abdelilah Benkirane connaissait les positions de TelQuel, en désaccord net avec l’islamisme. Il les relevait avec humour à chacun de nos entretiens. “Vous les modernistes”, et “Nous les conservateurs”, forçait-il le trait pour détendre tout le monde. Sans partager les vues de cet homme politique, il nous était possible de cohabiter avec lui dans ce petit espace de dialogue et de respect mutuel. Lors de notre dernier entretien, fin janvier, il était au cœur d’une polémique concernant sa retraite. Pendant deux heures, il s’est confié avec amabilité aux journalistes de TelQuel, n’ayant rien perdu de sa faconde. Il a ensuite reçu notre photographe pour préparer la Une du magazine de la semaine. Mais le jour du bouclage, un jeudi, Benkirane impose au journaliste le off intégral ou la relecture de tout l’article rendant compte de nos échanges. Ce que nous refusons. Une solution de dernière minute a dû être trouvée pour sauver l’édition de la semaine. Quelques jours plus tard, l’homme fort du PJD organise une conférence de presse à son domicile. Face…

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