La résistance des déclassés

Par Réda Dalil

Jusqu’ici elle s’accroche. La valeureuse classe moyenne ! Ses maux sont multiples, documentés, son malaise est devenu un marronnier. La rengaine est connue, les classes moyennes, taiseuses et travailleuses, remplissent docilement leur part du contrat social: réveil aux aurores, acharnement au labeur, consentement à l’impôt et aspiration à des lendemains meilleurs.

“Tels ces personnages de Tex Avery, les classes moyennes ont franchi le bord du précipice mais continuent à courir dans le vide”

Réda Dalil
En contrepartie, elles livrent leurs dirhams âprement gagnés à un groupe scolaire repu de marges, à une clinique dont les tarifs s’alignent sur le pouvoir d’achat suisse. Elles font aussi le bonheur des banques en engageant la moitié de leurs revenus dans l’achat d’une Sandero et d’un F2 de plus en plus excentré des métropoles. Eh oui, les loisirs se font rares, l’épargne n’est qu’une douce chimère, et les enfants grandissent aussi vite que leurs frais d’inscription, mais c’est ainsi, et tels ces personnages de Tex Avery, les classes moyennes ont franchi le bord du précipice mais continuent à courir dans le vide, un arrêt…

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