Crises familiales et crises diplomatiques

Par Omar Saghi

Combien de fois avons-nous lu dans la presse de développements sur “les relations fraternelles” entre l’Arabie Saoudite et le Maroc ? Les “rapports affectifs intangibles” entre telle principauté du Golfe et le royaume chérifien ? Les “liens filiaux” ou “paternels” qu’entretiennent tel émir et le monarque marocain? Cette métaphore familiale n’est pas seulement un artifice rhétorique. La réduction du politique au familial est certes courante dans le monde arabe, mais, en l’occurrence, dans la diplomatie monarchique arabe, il y a autre chose. Petit rappel historique: dans l’Europe d’avant 1914, quand les trônes émaillaient les capitales (hormis la France et la Suisse – et le Portugal depuis 1910), les relations familiales entre souverains n’étaient pas pure formule de politesse. Toutes les cours européennes, sans exception, étaient insérées dans un réseau d’alliances matrimoniales. On disait de la reine Victoria, à la fin du XIXe siècle, qu’elle était la mère des rois et des reines d’Occident. Et c’était vrai, littéralement. Guillaume  II, kaiser d’Allemagne, Nicolas II, tsar de Russie, sans parler des Ferdinand de Roumanie et autre Boris, Georges ou Alexandre de Bulgarie, de Grèce ou…

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