[Dieu, les mathématiques, la folie de F. Laroui] Savants fous d’infini

Dans un brillant essai, Fouad Laroui explore l’histoire des questionnements métaphysiques au cœur de la démarche mathématique.

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Il y a Alexandre Grothendieck (1928-2014), dont les intuitions fulgurantes ont refondé la géométrie algébrique, “seul habitant de sa planète” et obsédé à percer “le secret qu’est Dieu”. Il y a Grigori Perelman (né en 1966), fasciné par les abstractions pures des mathématiques et de la topologie, ce “monde enchanté où l’on atteint l’essence des choses sans qu’elle soit ternie par des approximations”, qui résout la conjoncture de Poincaré et refuse la médaille Fields et le prix du millénaire décerné par l’Institut Clay. Il y a Paul Erdös (1913-1996), embarrassé par son corps, que rien n’intéressait d’autre que les mathématiques, qui “beurra sa première tartine à vingt ans : jusque-là, c’était sa mère qui s’en chargeait”, et nommait Dieu “le FS, le ‘fasciste suprême’, parce qu’il garde pour lui, jalousement, les solutions élégantes aux problèmes mathématiques – au lieu de les partager avec les hommes”. Kurt Gödel (1906-1978), paranoïaque et mystique, auteur d’un théorème d’incomplétude, qui considérait la philosophie et la métaphysique comme…

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