Les quartiers périphériques: l'autre visage de Tanger

L’élan bâtisseur qui a saisi la ville a surtout profité au centre-ville de Tanger. Dans la ceinture périphérique, c’est une tout autre histoire. Des dizaines de quartiers sous-équipés pullulent dans l’anarchie la plus complète.

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Vue de Mghogha, à la périphérie tangéroise. Crédit: DR

Silhouette frêle, Driss rentre chez lui, dans la banlieue de Tanger, où il vit avec sa famille. Ils s’entassent dans une pièce composée d’un salon et d’une minuscule cuisine. Âgé de 14 ans, Driss a abandonné l’école et travaille comme apprenti chez un menuisier. Chaque semaine, le garçon verse à ses parents son misérable pécule : 100 dirhams ! Sa mère, Naziha, est vendeuse de fripes sur les marchés. Son père, ancien marchand ambulant, est au chômage et s’occupe de leur plus jeune fille Hajar, paralysée des jambes. Bienvenue dans le quartier Qanfoud (le hérisson, ndlr), l’un des coins chauds de Tanger. Depuis dix ans, des dizaines de quartiers périphériques, comme celui-ci, prolifèrent dans l’anarchie la plus complète. Ces coupe-gorges aux noms fleuris s’appellent El Mers, Haoumat Chouk, Saddam Hussein, Bir Chifa, Dchar Ben Dibane… Le manque d’infrastructures y est flagrant. “Ces personnes viennent des campagnes…

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