La mère du suspect hispano-suisse nie toute implication de son fils

La mère du suspect hispano-suisse nie toute implication de son fils

La mère de Kevin Zoller, le Genevois arrêté dans le cadre de l'affaire d'Imlil, défend l'innocence de son fils âgé de 25 ans. Invitée à réagir dans les colonnes d'El Mundo, elle nie toute implication de son fils dans le meurtre des deux touristes scandinaves, le 17 décembre dernier.

Par

L'hispano-suisse, Kévin Z., était connu de la police hélvète pour des faits de petite délinquance. Crédit: Capture d'écran

La mère de Kevin Zoller, le Genevois arrêté dans le cadre de l’affaire d’Imlil, défend l’innocence de son fils âgé de 25 ans. Invitée à réagir dans les colonnes d’El Mundo, elle nie toute implication de son fils dans le meurtre des deux touristes scandinaves, le 17 décembre dernier.

« Tout ce qu’ils disent de lui est un mensonge« . La mère de l’hispano-suisse radicalisé, arrêté par le Bureau central d’investigation judiciaire (BCIJ) fin décembre, est montée au créneau pour défendre son fils. Dans un article consacré à l’attaque d’Imlil, publié mardi 8 janvier par le quotidien espagnol El Mundo, elle nie catégoriquement toute implication de celui dont on connait désormais l’identité exacte : Kevin Zoller.

à lire aussi

« C’est impossible, tranche Gema, la mère, de nationalité espagnole. Kevin, sa femme et mon petit-fils sont venus en Suisse le 15 décembre et y sont restés jusqu’au 19 décembre. Ils voulaient renouveler des papiers pour qu’ils puissent continuer à venir en Europe et retourner immédiatement au Maroc. Or, les meurtres ont eu lieu le 17. » Interpellé le 28 décembre, avec plusieurs autres personnes impliquées dans le drame d’Imlil, ce jeune homme âgé de 25 ans est « soupçonné d’avoir appris à certaines personnes interpellées dans cette affaire à utiliser les outils de communication issus des nouvelles technologies et de les avoir entraînées au tir », estime le BCIJ.

« Mauvaise jeunesse »

Sa mère, elle, parle d’un enfant à l’adolescence tourmenté bien avant qu’il ne fasse le choix, en 2015, de quitter son quartier des Grottes à Genève. « C’est un jeune homme qui a eu une mauvaise jeunesse, poursuit Gema. Avant de détailler : Il a perdu son père, originaire de Colombie, à 15 ans. » Il était connu de la police hélvète pour des actes de petite délinquance et récidiviste. Il avait, entre autres, été condamné pour infraction à la loi sur les stupéfiants, vol, cambriolage, dommages à la propriété, agression et violence conjugale.

« Il fumait des joints, brûlait des voitures et réalisait plusieurs braquages« , ajoute la mère de Kevin Zoller Guervos, qui se fait désormais appeler Abou Yahia ou Abdullah. Inconsolable, elle détaille ensuite un parcours qui a conduit son fils en centre de rétention pour mineurs. C’est là-bas où Kévin se serait converti d’après sa mère : « Il a dit que grâce au Coran, il a compris toutes ses erreurs. Il s’est converti à l’islam et a prié tous les jours, demandant pardon pour la folie qu’il avait faite. »

À sa sortie de prison pour mineurs, Kevin commence alors à fréquenter la grande mosquée du Petit-Saconnex. Un établissement, financé par l’Arabie saoudite, et accusé  de véhiculer une vision rétrograde de la religion depuis plusieurs années. C’était en 2011, Kévin avait alors 17 ans. « Quand il a quitté le centre, il a commencé à aller souvent à la mosquée, mais je n’ai jamais rien remarqué d’étrange », détaille la mère du jeune homme de 25 ans. Un autre témoignage recueilli par El Mundo, fait mention de problème psychiatrique chez le suspect. « Il pensait qu’il avait des démons dans sa tête et qui lui disaient ce qu’il devait faire. Grâce au Coran, il avait enfin appris à les contrôler », raconte l’un de ses amis à Genève. Ce sont ces « démons » qui ont poussé l’État suisse à verser une pension à Kevin lorsqu’il est devenu majeur. Une pension qu’il touchait encore, une fois venu au Maroc en 2015, précise ce même proche de Kevin Zoller.

« Il n’a pas d’amis musulmans ici »

« Il m’a dit qu’il se rendait au Maroc pour épouser ce qu’il a appelé une femme propre (vierge, ndlr). Il l’a trouvée, il y a deux ans, et ont maintenant un fils », poursuit sa mère. C’est d’ailleurs l’épouse du suspect qui a annoncé à  Gema l’arrestation de  son fils suite au meurtre des deux touristes scandinaves d’Imlil.

Rapidement, une image circule en Europe et Gema peine à croire qu’il s’agit de son fils. « Mon fils n’avait pas de barbe et il lui est impossible de grandir autant en quelques jours, depuis son départ de Suisse, se défend la mère. Avant d’ajouter :  Il m’a dit qu’il avait des projets pour l’avenir, qu’il avait économisé 6 000 francs suisses (5 322 euros) pour acheter une maison. »

Kevin a témoigné jeudi 3 janvier, avec six autres personnes arrêtées, devant le juge d’instruction de la cour d’appel de Salé. Comme le rapporte El Mundo, le bureau du procureur les a inculpés pour « préparation d’actes terroristes et formation de personnes à l’adhésion à l’organisation terroriste« . Kevin est également soupçonné par les enquêteurs « d’être imprégné de l’idéologie extrémiste ».

La police, qui a fouillé la maison de Kevin à Marrakech , reste convaincue que le suspect aurait essayé de recruter plusieurs citoyens suisses et anglais d’origine marocaine pour tuer au nom de l’Etat islamique. Impossible pour sa mère : « Il n’a pas d’amis musulmans ici« . Même chose quant aux intentions évoquées par la presse suisse et marocaine, de Kevin d’attaquer une bijouterie à Genève, en 2015, pour« financer un départ vers la Syrie et rejoindre Daech ». Sa mère n’y croit pas un mot et maintiens nier toute implication de son fils dans l’atroce meurtre des deux touristes scandinaves.

 

article suivant

La Formule 1 au Maroc ? Trop tôt pour sabrer le champagne...

Engagez-vous à nos côtés, pour un journalisme indépendant et exigeant.
Abonnement 100% numérique.

Tout TelQuel en illimité

Accédez à tous nos articles sur
ordinateur, tablette et mobile.

Les alertes confidentielles

Recevez par mail, les informations
confidentielles, en avant-première.

Le magazine en numérique

Recevez le magazine TelQuel en format
numérique en avant première.

Abonnement 100% numérique, à partir de 10DH le premier mois, puis 49DH par mois.