Éthiopie, la révolution Abiy Ahmed

Engagé dans la course effrénée des réformes, le premier ministre éthiopien se heurte à des défis sociaux et politiques immenses dans le deuxième pays le plus peuplé d’Afrique. Il a reçu le 11 octobre 2019 le prix Nobel de la paix.

Le plus jeune dirigeant africain est la coqueluche des médias, qui scrutent avec attention ses moindres faits et gestes. Crédit: Zacharias Abubeker / AFP

A Addis-Abeba, la capitale éthiopienne, le visage d’Abiy Ahmed est partout. Difficile de passer une journée sans apercevoir un autocollant à son effigie sur le pare-brise d’une voiture ou la vitre d’un minibus. Certains admirateurs vont même jusqu’à le surnommer « le messie ». « Il n’y a pas une journée sans breaking news », plaisantait un journaliste éthiopien quelques mois après sa prise de fonction. En seulement huit mois, le premier ministre éthiopien, âgé de 42 ans, a surpris plus d’un observateur en réformant à un rythme soutenu. Il a libéré des milliers de prisonniers et notamment de dissidents politiques, s’est engagé à respecter le pluralisme et, surtout, a fait la paix avec le frère ennemi, l’Erythrée, après 20 ans de relations très hostiles. « Il va si vite que tout ce qui l’entoure a l’air statique »,…

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