Hayat est vivante

Par Omar Saghi

Hayat Belkacem est morte. Tuée par balles. A la houle, aux courants maritimes, il faut désormais ajouter la police aux frontières. La politique migratoire marocaine se durcit-elle ? Les Marocains sont-ils plus nombreux à vouloir quitter le pays ? A ces deux questions, on peut proposer plusieurs réponses. Mais une chose est sûre : Hayat, comme de plus en plus de candidats à l’émigration, légale ou illégale, ne ressemble plus aux vagues migratoires des années 1990 et 2000. Hayat est une jeune femme, elle est étudiante à l’université, c’est une citadine. Ce n’est plus, ou pas seulement, l’“autre” Maroc, rural, ignorant, pauvre, qui veut partir. Mais celui-là même qu’on veut promouvoir : c’est un Maroc urbanisé, éduqué, féminin, qui fout le camp.

Plus une société se développe, plus ses citoyens abandonnent la résignation.

Dans un récent essai, La Ruée vers l’Europe, Stephen Smith rappelle cette vérité contre-intuitive : on n’émigre pas parce qu’on est affamé ou misérable. On émigre parce que notre horizon économique et culturel s’élargit. Autrement dit, plus une société se développe, et plus ses citoyens, se prenant en main, abandonnent la…

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