Le progrès est comme l’eau, indomptable. Aucune digue, aucun mur, n’arrêtent le ruissellement. Ainsi de la structure familiale ou de la condition féminine. On a beau parler de régression, l’évolution est irrésistible. Montée de l’individualisme, famille nucléaire, chute de la fécondité, tous les paramètres avancent dans le sens du démantèlement de la parentèle large et de la fin de la transition démographique. Toute la rive sud de la Méditerranée connaît les mêmes transformations, mais quelques paramètres laissent voir une singularité marocaine. Ainsi du taux d’endogamie, ou mariage entre cousins. Le démographe Youssef Courbage a récemment laissé entendre que le taux d’endogamie au Maroc n’est plus que de 7%. Pour mieux évaluer l’importance de ce chiffre, il faut garder à l’esprit les éléments suivants. Le Maroc fait partie, anthropologiquement, d’un bloc humain qui va de l’Atlantique à l’Indus, et où les taux d’endogamie ne sont jamais à moins de 25%, atteignant les 40% de mariages entre cousins dans le cœur arabe de ce monde, en Jordanie, Syrie centrale, Irak, Arabie Saoudite. Traditionnellement, le Maroc faisait partie des zones où ce paramètre…

article suivant

Antonio Guterres plaide pour le maintien de la Minurso