La loi 103.13 déjà à l'épreuve d'une plainte pour harcèlement sexuel

La loi 103.13 déjà à l'épreuve d'une plainte pour harcèlement sexuel

En portant plainte pour harcèlement sexuel, Oumaima Requas, 24 ans, responsable administrative à Casablanca, pourrait devenir la première Marocaine à bénéficier des dispositions de la loi sur la lutte contre les violences faites aux femmes, qui entrera en vigueur le 13 septembre.

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Manifestation contre le harcèlement à Casablanca. Crédit : Cyril Castelliti

Quelques jours avant l’entrée en vigueur de la loi relative à la lutte contre les violences faites aux femmes le 13 septembre, une nouvelle affaire secoue l’opinion publique. Oumaima Requas, 24 ans, a porté plainte contre trois humoristes*, relativement connus du grand public, pour harcèlement sexuel, rapporte H24Info.

Contactée par TelQuel, Oumaima Requas nous raconte. Tout a commencé le 6 septembre, à Casablanca. Il est 18h quand, de retour d’un déplacement, elle s’apprête à rejoindre son mari et une amie dans un café sur l’avenue des F.A.R. Sitôt arrivée, elle est interpellée sans gêne par plusieurs hommes, attablés non loin de son époux.

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« Si tu es une vraie femme »

« Ils s’adressaient à moi, avec des regards lubriques, en murmurant des phrases et mimant des gestes à connotation sexuelle, notamment avec des clins d’œil abusifs  », nous raconte la plaignante, ignorant alors l’identité des harceleurs. « Je croyais qu’ils allaient arrêter quand je m’installerais à côté de mon mari. Mais les onomatopées et les insultes ont continué, » poursuit la jeune responsable administrative. « C’est sûr, ils pensaient qu’il était juste mon copain, » estime-t-elle.

Après une intervention de son mari, des réactions violentes des comédiens ont suivis, assure la plaignante. « Les insultes se sont enchainées des deux côtés. L’un d’eux a essayé de jeter un verre d’eau sur mon époux, avançant que si j’étais une femme qui se respecte, j’aurais rangé mes fesses chez moi. Un autre a enlevé sa casquette pour montrer qu’il était prêt à se disputer, » rapporte-t-elle.

Une situation « terrible », qui a poussé Oumaima Requas à se diriger, vers 19h15, avec son conjoint, au commissariat le plus proche pour porter plainte. Selon cette dernière, les trois hommes ont été entendus, le lendemain, par le juge d’instruction. « Ils essayaient au début de nier tout ce qui s’était passé, prétendant qu’ils préparaient un sketch, rapporte-t-elle. Quelques minutes plus tard, les versions différaient, et chacun essayait tant bien que mal de se défendre tout en accusant les autres. »

En attendant la loi 103.13

Si elle avoue que les harceleurs lui ont demandé de leur pardonner et de retirer sa plainte, Oumaima Reqas est décidée cependant à poursuivre la procédure « jusqu’au bout. » « Je suis une activiste, j’avais toujours été scandalisée par le harcèlement sexuel à l’égard des femmes. J’ai défendu toutes les victimes, » explique celle qui a notamment fait son apparition dans la web-série Marokkiat de la réalisatrice Sonia Terrab.

« En devenant victime à mon tour, je n’ai pas hésité une seconde à faire valoir mon droit et déposer une plainte, » nous dit-elle, en attendant sa convocation pour paraitre devant la Cour et devenir ainsi la première femme pour laquelle la loi 103.13 relative à la lutte contre la violence faite aux femmes s’appliquerait.

* Des journalistes présents dans le café au moment des faits ont reconnu les humoristes que Oumaima Reqas accuse de harcèlement. Contactés par nos soins, deux d’entre eux, Z.Z et M.B, n’ont pas donné suite à nos sollicitations.

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