Meryem Benm'barek : "Mon film Sofia est un portrait du Maroc contemporain"

Dans cet entretien accordé à TelQuel, Meryem Benm'barek, la réalisatrice marocaine du film Sofia revient sur la reconnaissance des récompenses internationales, les attentes du public et la date de sortie du film au Maroc.

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Meryem Benm'barek avec le Valois du scénario du Festival du Film Francophone d’Angoulême Crédit: DR

Quelques mois après sa reconnaissance à Cannes, le film Sofia de la réalisatrice marocaine Meryem Benm’barek remporte, le 26 août, le Valois du scénario du Festival du film francophone d’Angoulême (FFA, sud-ouest de la France).


Ce long-métrage, qui avait déjà reçu en mai dernier le prix du scénario dans la catégorie “Un certain regard” au Festival de Cannes, raconte le calvaire de Sofia, une jeune mère célibataire de 20 ans qui a fait un déni de grossesse.

L’actrice principale, jouée par Maha Alemi, jeune casablancaise ne réalise qu’elle est enceinte que quelques heures avant son accouchement. Accompagnée de sa cousine Lena, interprétée par Sara Perles, actrice découverte dans le film Burn Out de Nour-Eddine Lakhmari, Sofia se rend à l’hôpital.

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Avant d’alerter les autorités, l’hôpital accorde à Sofia un délai de 24 heures pour fournir les documents du père du nouveau-né, l’enfant ayant été conçu dans une relation hors mariage. Les deux cousines se lancent alors à la recherche du père de l’enfant. Une situation difficile à travers laquelle la réalisatrice tente de montrer « la pression qu’impose une société qui ne conçoit pas une naissance sans mari ».

TelQuel : Vous avez reçu le Valois du scénario du Festival du film francophone d’Angoulême. Que représente pour vous ce prix ? 

Meryem Benm’Barek : Dans la continuité du prix reçu à Cannes, il représente l’encouragement et la reconnaissance qui vont me permettre d’avancer plus sereinement sur mon prochain film. La fabrication d’un film nécessite d’être parfois dans l’abnégation totale et le dévouement complet. Un prix comme celui-ci aide à se réparer et à se reconstruire après une longue bataille.

Vous aviez effectivement déjà obtenu le prix du scénario, dans la catégorie “Un certain regard” au Festival de Cannes. Selon vous, ces récompenses influenceront-elles l’accueil favorable du public ? 

Je ne pense pas que les prix influencent le public. Ils influencent peut-être une niche, celle du milieu culturel. Mais ce n’est pas cette niche qui fait vraiment vivre le film sur la durée. Même si mon film aborde des thématiques sociales plutôt sérieuses, j’ai bon espoir de me dire que  Sofia peut également attirer un public qui a simplement envie qu’on lui raconte une histoire. Sofia est construit comme un thriller, c’est au final un genre très commercial.

Sofia est votre premier film. Pourquoi avez-vous choisi d’y aborder le thème des mères célibataires ? 

C’est une des thématiques abordées dans le film, mais ce n’est pas le cœur du film. Sofia commence en effet en dressant le portrait d’une jeune mère célibataire, mais le film s’engage peu à peu sur la voie d’un portrait du Maroc contemporain. L’histoire du personnage éponyme me permet de révéler le fonctionnement de tout un système qui, selon moi, crée l’équilibre d’un pays à travers ses relations de force et de pouvoir.

Après sa sortie en France le 5 septembre, le film a-t-il une date de sortie au Maroc ? 

Le film sortira au Maroc en décembre, peu de temps après le Festival de Marrakech. Je suis très impatiente de montrer mon film au Maroc. J’ai fait ce film pour mon pays et j’espère qu’il résonnera de manière positive auprès des spectateurs.

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