Koun Rajel!

Par Omar Saghi

Pour réconforter un petit garçon qui s’est écorché le genou, on lui dit : “Sois un homme !”. Ne pas pleurer, affronter l’adversité, se battre, frapper, crier, rugir… ces actions, ou plus exactement ces réactions émotionnelles, sont donc assimilées à la masculinité, et la masculinité à l’excellence morale. Voilà pour l’éducation des petits garçons. Qu’en est-il des grands garçons ? Une campagne lancée depuis peu sur les réseaux sociaux s’intitule tout simplement Koun Rajel, “Sois un homme” ! Il s’agit de convaincre les hommes d’empêcher “leurs” femmes, épouses, sœurs et filles, de sortir en petite tenue. L’objectif, on le voit, est clair, et l’expression vigoureuse. Mais si le hashtag “Koun Rajel” en dit énormément sur l’inconscient arabo-islamique et son rapport à la sexualité, il en dit beaucoup plus sur l’évolution récente de la société marocaine. L’injonction à la masculinité n’existe pas seulement dans les sociétés islamiques. Tous les petits garçons de presque toutes les sociétés connues subissent ce dressage. Il fait partie de l’héritage néolithique : pour élever des paysans-soldats, des administrateurs et des prêtres au service de l’Etat, il a fallu durcir les différences…

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