Présomption de bonne foi

Par Fatym Layachi

Entre le ramadan, l’Aïd et le mois d’août qui approche, tu as l’impression d’être dans une de ces rares fenêtres temporelles où le pays fonctionne à rythme normal, en flux pas trop détendu. Du coup, autour de toi tout le monde s’active. Il faut régler les affaires en cours avant l’été. Il faut reprendre les dossiers laissés en suspens au début du mois sacré. Entre les ambitions de ton père, les velléités d’autonomie financière de ton frère et ta cousine qui veut à tout prix que ses travaux soient finis avant la fin du mois, tu en as presque le tournis. Et puis il y a ta tante dont le feuilleton juridique surréaliste reprend. Ta tante a vendu un appartement dont elle avait hérité il y a quelques années. Elle a fait une jolie petite plus-value mais rien d’indécent. Ton cousin, grand prévisionniste des flux immobiliers, lui avait d’ailleurs chaudement recommandé d’attendre avant de se lancer dans quoi que ce soit. Il est persuadé qu’en 2022 son bien prendra encore plus de valeur. Ta tante, frileuse et grande adepte du…

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