On cherche un Rafic Hariri marocain

Par Omar Saghi

Entre boycott, rumeurs et vidéos, la scène politique marocaine ne cesse de virevolter, comme un miroir devenu fou. Quelle forme politique adopter pour ce pays qui hésite entre l’émergence économique, la transition démocratique et l’échec des deux ? Aucun homme politique de “droite”, proche de l’élite technocratique, n’a réussi à s’imposer. Le rejet de la classe politique, particulièrement depuis le départ de Benkirane, est profond et viscéral. Pourquoi ce désaveu, alors que les dirigeants, de très bonne foi, ne cessent d’aligner les (bons) chiffres (de l’investissement étranger, des exportations, des touristes, des tonnes de sardines, des kilos de tomates, etc.) ? Parce que la dynamique socioéconomique marocaine, réelle, ne trouve pas sa représentation politique adéquate. Parce que la transition démocratique signifie que ce qui importe, ce n’est pas seulement comment gouverner, mais qui gouverne. Le système monarchique, pour conserver son rôle d’arbitre, ne peut assumer cette dimension de représentation. L’alternance islamiste avec Benkirane a rencontré de profonds obstacles. Restent donc ces personnalités politiques qui émergent l’une après l’autre, avant d’être broyées par le refus public. Tour à tour, on a parié sur…

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Décorum et comparses