Les fous ont changé de camp

Par Omar Saghi

Il existait un discours bien rodé au sein de la diplomatie occidentale, distinguant entre le comportement raisonnable (le plus souvent occidental) et l’agitation insensée (des “régimes” du Sud). Le caractère raisonnable d’une diplomatie tient d’abord à sa prédictibilité: elle agit selon l’ordre des intérêts et des motivations transparentes. On peut, au vu de sa situation, de son économie, de sa culture politique, prédire le comportement d’un pays, sauf justement lorsqu’il tombe entre les griffes des “régimes”, terme générique désignant les pouvoirs qui s’opposent à l’Occident. L’irrationalité de Castro, de Milosevic, de Pyong-Yong, des mollahs de Téhéran ou des baathistes de Bagdad ou de Damas, a longtemps été mobilisée pour justifier les politiques de Washington, ses étonnements, ou ses frayeurs. On peut épiloguer longuement sur le caractère fou ou pas de ces régimes, mais une chose est sûre: ils ont longuement mobilisé deux registres qui tendent, en effet, à les faire basculer dans une espèce d’aliénation géopolitique. D’abord la menace du faible au fort, dans ce qu’elle a de plus sauvage : plusieurs de ces régimes ont montré qu’ils pouvaient ouvrir la…

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