Vive la grève des consommateurs !

Par Omar Saghi

Faut-il introduire, plus d’un siècle après le 1er Mai, journée des travailleurs, une journée des consommateurs ? Au Maroc en tout cas, leur rôle, bien que récent, est devenu décisif. Et l’on comprend pourquoi le mouvement de boycott de certains produits peut provoquer un début d’inquiétude auprès des dirigeants des entreprises concernées comme auprès de certains politiques. On ne connaît pas la source, ou les sources, du mouvement. Il semblerait que les motifs invoqués soient faux. Que le boycott soit peu suivi. Ou très suivi… Bref, la campagne de boycott s’apparente à une légende urbaine, une sorte de rumeur qui se gonfle d’elle-même. C’est en tant que rumeur, c’est-à-dire d’inconscient politique, qu’il faut essayer de comprendre de quoi est-elle le nom. Le Maroc, à la différence de plusieurs de ses voisins, a pris depuis des décennies un chemin propre : au lieu de politiser la société, le régime au contraire s’est évertué à la maintenir indifférente et fragmentée ; au lieu d’ignorer l’économie de marché, palais, gouvernements successifs et patronat se sont au contraire attelés à s’y intégrer, à jouer le jeu de…

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