Les mémoires de Youssoufi : le complot de 1963 (5/7)

Son enfance, ses combats, Ben Barka, Bouabid, Omar Benjelloun, Hassan II et Mohammed VI… le Premier ministre de l'Alternance revient sur des épisodes et des acteurs de l'histoire du Maroc dans un livre-événement.

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Son enfance, ses combats, Ben Barka, Bouabid, Omar Benjelloun, Hassan II et Mohammed VI… le Premier ministre de l’Alternance revient sur des épisodes et des acteurs de l’histoire du Maroc dans un livre-événement.

« Le ministère de l’Intérieur a annoncé des élections municipales et rurales le 28 juillet 1963. A partir du 1er janvier, les autorités ont mené une large campagne d’arrestations dans les rangs des militants de l’UNFP (…) Confrontés à cette situation, nous avons pensé à boycotter ces élections, décision qui devait être entérinée lors d’une réunion du comité central du parti le 16 juillet 1963, convoquée par le secrétariat général à Casablanca. En plein débat, les forces de l’ordre ont encerclé le siège du parti, procédant à l’arrestation des militants sur ordre du ministre de l’Intérieur Ahmed Hamiani, qui avait remplacé Ahmed Reda Guedira en juin 1963. L’opération était placée sous la houlette de Mohamed Oufkir, et avait pour prétexte que la réunion aurait été consacrée à fomenter un complot visant à déstabiliser la sécurité intérieure et extérieure de l’Etat. Heureusement que des journalistes couvraient cette réunion : André Azoulay (actuel conseiller de Sa Majesté) et un Américain (…).

André Azoulay a été lui-même arrêté, sachant que Abderrahim Bouabid l’avait mis en garde avant la réunion contre son éventuelle interpellation s’il couvrait l’événement. Nous avons été placés lui et moi dans la même cellule au siège de la direction centrale de la police, boulevard Brahim Roudani à Casablanca (…). Au milieu du mois d’août, les accusés de ce qu’il est convenu d’appeler ‘le complot’ ont été présentés au Parquet général, tous ayant été placés en détention à la prison centrale de Kénitra. Le ministre de la Justice Ahmed Bahnini a ensuite tenu une conférence de presse où il a affirmé que les accusés ourdissaient un complot dans lequel aucun officier de l’armée n’était impliqué (…) C’est suite à cela que le colonel Mohamed Oufkir, alors directeur de la Sûreté nationale, a été propulsé au grade de colonel de brigade. Le jour de sa promotion, trois explosions ont eu lieu à Imprigema à Casablanca, où était imprimé le journal de l’UNFP, Attahrir, les publications de l’UMT ainsi que les journaux du parti communiste alors interdit. L’explosion avait causé des dégâts importants.

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