Point de côté, image de l'année, ami israélien... Les JO de Samir Azzimani, porte-drapeau marocain

Samir Azzimani Crédit: FRANCK FIFE / AFP

Pour sa deuxième épreuve olympique, après le ski alpin à Vancouver (2010), Samir Azzimani a terminé 111e du 15 km en ski de fond des Jeux olympiques d’hiver Pyeongchang. En attendant le slalom, ce jeudi, de son compatriote Adam Lamhamedi (53e du géant), le chef de la petite délégation marocaine dresse un premier bilan de la compétition.

« Je viens de découvrir que dans les années 1930, un skieur polonais avait déjà participé aux Jeux dans trois disciplines différentes, dont le nordique et l’alpin. Je ne suis donc pas le premier athlète de l’histoire à avoir relevé le défi, mais simplement le premier de l’ère moderne« , corrige spontanément Samir Azzimani.

Suivant ses déclarations, la presse (dont TelQuel) l’avait présenté comme le premier sportif à prendre part aux JO d’hiver dans deux spécialités « complètement opposées techniquement« . « Seuls les imbéciles ne reconnaissent pas leur erreur », ajoute-t-il.

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Entre une excursion à Séoul et un dîner avec Martin Fourcade – quadruple champion olympique français de biathlon – le quadragénaire nous livre ses impressions sur sa deuxième grand-messe olympique.

Le point de côté et les « deux mois de préparation manqués »

Sur un parcours vallonné, le skieur alpin de formation gagne du temps en descente, avant de produire le double d’effort en montée. « Il y avait beaucoup de vent. Dans les bosses, j’étais stoppé net« , raconte le Marocain, arborant le dossard 113 – « comme le groupe de rap« , plaisante-t-il.

Dès le deuxième tour, il est perclus d’une crampe au diaphragme. Elle disparaît à l’approche des derniers kilomètres, mais lui fait tout de même perdre « deux ou trois minutes ».

« Ce point de côté, c’est à cause des deux mois de préparation que je n’ai pas pu effectuer à cause de la subvention olympique qui n’arrivait pas », estime-t-il. « J’ai pensé un moment à me désinscrire, mais l’argent est finalement tombé. Mon entraîneur m’a quasiment fait faire un ramadan pour perdre trois kilos en deux semaines. Je suis satisfait d’avoir atteint mon objectif, qui était de terminer entre 10 et 15 minutes du vainqueur (il sera classé 111e sur 118 partants, à 13’56 » du Suisse Dario Cologna, NDLR) ».

« L’image sportive de l’année »

Après avoir franchi la ligne, le combatif chérifien reste dans l’aire d’arrivée. « Avec les autres ‘petits’, nous savions que nous allions finir échelonnés, donc on avait convenu de nous attendre. À chaque fois qu’un nouveau arrivait, on se prenait dans les bras. C’était des moments très très forts, qui n’étaient absolument pas préparés. La photo a fait le tour du monde. On s’est même retrouvés en Une du Washington Post ! Pour moi, c’est l’image sportive de l’année« , s’enthousiasme ce natif de la banlieue parisienne, pour qui le plus important est de donner de la visibilité et une impression positive du Maroc.

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Les « petites nations » sauvent l’ambiance

Samir Azzimani, grand adepte du selfie, ici avec le skeletoneur ghanéen Akwasi Frimpong (Facebook/Samir Azzimani)

Samir Azzimani, grand adepte du selfie, ici avec le skeletoneur ghanéen Akwasi Frimpong (Facebook/Samir Azzimani)

« L’ambiance est un peu morose », concède la mascotte des Lions olympiques. Contrairement à Vancouver – où il a vécu il y a huit ans ses premiers Jeux – Pyeongchang est une « petite station », avec peu de bars ou de cafés pour « l’après-ski« .

En revanche, malgré ce qui a pu être écrit, le vétéran considère l’affluence et l’engouement du public à la hauteur. « Pendant ma course, je voyais et j’entendais les gens crier, comme dans un vrai stade », assure-t-il.

Le Marocain témoigne surtout d’une solidarité à toute épreuve entre représentants des « petites nations ». Entre deux séances de récupération, sollicitations médiatiques et discussions avec son coach, il ne manque pas une occasion d’aller soutenir ses camarades du Timor oriental, du Portugal ou encore de l’Iran.

Samir Azzimani s’est même lié d’amitié avec le slalomeur israélien Itamar Biran. « Il croyait que j’étais Juif. Je lui ai répondu que non, mais que ça ne nous empêchait pas de nous saluer ! Depuis, on s’entraide et on s’encourage. C’est ça le sport« , conclut-il.

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