Nos années carnivores

Par Omar Saghi

Les nations ont-elles des dents ? Des canines pour les plus conquérantes et des molaires pour les assimilationnistes ? Des nations édentées par les défaites, d’autres appareillées avec des dentiers payés par l’aide étrangère ? On est en droit de s’interroger ; après tout, le vocabulaire géopolitique le laisse entendre : on consomme une richesse nationale, on avale des territoires annexés et les morsures ne se comptent plus. L’expression “années carnivores” est due à la poétesse russe Anna Akhmatova (1889-1966). Elle décrit par là les terribles années 1930, où le régime stalinien s’emballa : la dékoulakisation et les famines qui s’ensuivirent, les procès de Moscou, puis la grande Terreur. La formule est imagée, bien qu’incomplète. Dans une autre version, Akhmatova parle d’années cannibales, et c’est de cela qu’il s’agissait, d’un système politique dévorant ses propres enfants, une.

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