Hirak : la manifestation de Rabat violemment dispersée

Une manifestation de soutien au Hirak a été violemment dispersée à Rabat le 8 juillet. Les organisateurs déplorent une dizaine de blessés.

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Organisée par des femmes, en soutien à Silya et aux autres détenus du Hirak, une manifestation a été violemment réprimée samedi à Rabat. Alors que se rassemblaient, vers 19 heures, des dizaines de manifestantes devant le Parlement, les forces de l’ordre sont intervenues pour les disperser par la force.

Dans une vidéo mise en ligne par le site d’information Al 3om9, on voit des policiers tirant les militants de la pelouse où ils avaient pris place et les frappant à coups de pieds.

Le bilan, selon plusieurs témoins, compte une dizaine de blessés, dont plusieurs femmes. Parmi les victimes : un photojournaliste du site d’information Lakome et Abdelaziz Nouidi, avocat et universitaire.

Nouidi, par ailleurs ancien président de l’association Adala, avait interpellé un officier sur les sommations préalables à la dispersion d’une foule par la police, avant de recevoir un coup dans le visage, raconte l’historien et militant Maâti Monjib, qui a été « frappé au niveau du rein droit ». Contacté par Telquel.ma, le ministre de l’Intérieur n’a pas répondu à nos appels.

Les autorités ont par la suite défendu la légalité de leur intervention via un communiqué. Un représentants des autorités a « demandé à mettre fin à ce rassemblement » parce qu’il s’agit d’une « atteinte à la sécurité publique et (d’une) entrave à la circulation« , précise un communiqué de la Wilaya, qui reproche à certains militants d’avoir « refuser d’obtempéré » et « agressé verbalement et physiquement » des éléments des forces de l’ordre.

Répondant à l’appel à la solidarité des Marocaines contre l’emprisonnement politique, plusieurs dizaines de femmes se sont donné rendez-vous devant le Parlement à Rabat – rendez-vous auquel se sont joints des hommes – pour réclamer la libération des détenus du Hirak et plus particulièrement Silya, incarcérée à Casablanca et dont l’état psychologique serait inquiétant selon ses avocats.

« Je compte demander au ministre de la Justice que le procureur accepte la liberté provisoire [pour Silya, ndlr] », avait d’ailleurs déclaré le ministre d’Etat chargé des droits de l’Homme Mustapha Ramid, lors d’une rencontre avec la société civile organisée le 8 juillet.

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