Pays-Bas : échec du parti d'extrême droite de Geert Wilders aux législatives

Le Premier ministre libéral néerlandais Mark Rutte, qui semblait avoir facilement battu son rival d'extrême droite Geert Wilders le 15 mars aux législatives, au grand soulagement de l'Europe, a salué une victoire contre ce qu'il appelle "le populisme de mauvais aloi".

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Geert Wilders
Geert Wilders. Crédit : AFP

Les sondages diffusés à la clôture des bureaux de vote le 15 mars dans la soirée créditaient les libéraux du VVD de 31 sièges sur les 150 de la chambre basse du parlement. Une perte de 10 sièges certes par rapport aux dernières élections en 2012, mais une nette avance cependant sur le PVV de Geert Wilders, qui n’aurait lui gagné que quatre sièges de députés, avec 19 élus.

Ces chiffres ont rassuré en Europe : « Félicitations aux Néerlandais d’avoir enrayé la montée de l’extrême droite« , a ainsi tweeté le chef de la diplomatie française, Jean-Marc Ayrault. Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a lui salué « un vote pour l’Europe, contre les extrémistes« .

« La chancelière (Angela) Merkel a félicité par téléphone Mark Rutte« , a indiqué sur son compte Twitter le porte-parole de Mme Merkel, Steffen Seibert. « Je me réjouis de poursuivre une bonne collaboration en tant qu’amis, voisins, Européens« , a indiqué la chancelière, citée dans ce Tweet.

Une déboutée pour le populisme

Après le Brexit au Royaume-Uni et la victoire de Donald Trump à la présidentielle américaine, tous les yeux étaient braqués sur la formation de Geert Wilders, dont le score était attendu comme un baromètre de la montée du populisme en Europe, à moins de 40 jours de la présidentielle française et avant les législatives allemandes de l’automne. « Après le Brexit et après les élections aux Etats-Unis, les Pays-Bas ont dit stop au populisme de mauvais aloi« , a affirmé un Mark Rutte tout sourire, devant une salle bondée à La Haye.

Au cours d’une campagne marquée par les questions d’identité, Mark Rutte, tout comme les leaders de certains autres partis, avait pourtant intégré quelques éléments auparavant réservés à son rival, invitant par exemple ceux qui ne respectent pas les valeurs néerlandaises à quitter ce pays de 17 millions d’habitants.

Geert Wilders, le député anti-migrants

« Electeurs du PVV, merci ! Nous avons gagné des sièges ! Le premier succès est acquis !« , a cependant tweeté Geert Wilders, le leader du PVV, qui n’avait remporté que 15 sièges sur les 150 de la chambre basse du parlement aux dernières élections : « Rutte n’est pas encore débarrassé de moi !« , a insisté le député.

Crédité de 36 sièges il y a quelques mois, son Parti pour la liberté (PVV) était doucement retombé dans les sondages à l’approche des élections. Ce n’est pas la première fois que l’élu à la chevelure péroxydée, qui avait obtenu son meilleur résultat en 2010 avec 24 sièges, voit son score dégringoler entre les prédictions des sondages et le résultat du scrutin.

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 Dans son programme politique succinct, il promettait d’interdire l’accès des Pays-Bas aux immigrants musulmans, d’interdire la vente du Coran et de fermer les mosquées, dans un pays dont la population compte environ 5 % de musulmans. « Le PVV (de M. Wilders) n’est pas une force révolutionnaire version Trump« , a commenté pour l’AFP Geerten Waling, chercheur en histoire politique à l’université de Leiden. « Et même si le résultat (du PVV) n’est pas minime, les gens sont globalement restés du côté des hommes politiques raisonnables ».

Le scrutin a été marqué par une participation massive : 81 % des 12,9 millions d’électeurs se sont rendus aux urnes, selon l’Institut de sondage Ipsos. Aux dernières élections en 2010 et 2012, ces taux étaient de 74,6 % et 75,3 %. Les premiers décomptes officiels partiels étaient normalement attendus vers 23h30 mais ils ont pris du retard, les bulletins étant intégralement décomptés à la main, par peur d’attaques informatiques.

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