École de Hjar Nhal: une éco-école pas comme les autres

École de Hjar Nhal: une éco-école pas comme les autres

Ahmed Salmi M'rabet, directeur de l’école Hjar Nhal dans le nord, a fait de cet établissement scolaire écologique l’œuvre de sa vie.

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Ahmed Salmi M’rabet, directeur de l’école Hjar Nhal dans le nord, a fait de cet établissement scolaire écologique l’œuvre de sa vie.

« Quand les enfants ne vont pas à l’école, c’est tout un peuple qui ne grandit pas ». L’adage trône à l’entrée de l’école primaire de Hjar Nhal (un village à 25 km de Tanger) et plante le décor de l’esprit de cette structure innovante où l’école marocaine publique retrouve ses lettres de noblesse.

Ahmed Salmi M’rabet œuvre depuis 32 ans comme enseignant puis comme directeur (à partir de 2001) pour faire de cette école (et de ses annexes) une expérience inédite portée sur la pédagogie écologique. Aujourd’hui, et en plus de l’école centrale de Hjar Nhal, M’rabet est aussi directeur de deux annexes dans la commune de HjarNhal : une à Tahaddarte et l’autre à Seguedla. Le groupe scolaire compte 17 enseignants et plus de 500 élèves (dont 48 % de filles). Une branche du préscolaire a aussi été créée « dans l’informel » par M’rabet il y a 17 ans. Elle compte quatre classes pour un total de 115 élèves.

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Avec les moyens du bord, ce Tangerois de 60 ans a réussi à édifier un modèle inédit d’éducation où le programme scolaire de l’Éducation nationale est adapté à son environnement. « L’école est située dans le bassin de la réserve de Tahaddarte, une plate-forme pour oiseaux migratoires. Il était tout naturel pour moi de penser l’éducation en prenant en considération la problématique écologique », nous confie Ahmed Salmi M’rabet.

Un emploi du temps allégé a été conçu afin de donner la possibilité aux élèves de pratiquer des activités parascolaires. Les cours sont ainsi dispensés de 8 heures 30 à 14 heures 30. Par la suite, chaque élève poursuit son initiation dans les différents clubs de l’école. « L’idée est de préparer cette génération à son avenir et que l’école soit un pivot par rapport à la conscience écologique et environnementale ». Au menu : un club de théâtre, de sport, d’environnement et des cours de soutien. Des clubs animés par des enseignants ou d’anciens élèves, qui se portent volontaires sous la supervision du directeur. De ces activités parascolaires naissent des projets. « Nous réfléchissons toujours à des projets qui touchent les élèves dans leur vie quotidienne » nous lance Ahmed Salmi M’rabet. En 2005, par exemple, un jardin de plantes médicinales et aromatiques a été créé au sein de l’école. « Cette expérience nous a permis d’avoir aujourd’hui un jardin avec des plantes médicinales, mais aussi des arbres fruitiers » nous explique le directeur. Assistés par leur professeur de sciences naturelles, les élèves ont pu réaliser un glossaire de ces plantes médicinales et leur mode d’utilisation.

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L’équipe de l’école Hjar Nhal ne s’est pas arrêtée en si bon chemin. Les années suivantes, des problématiques comme la pollution de l’eau, le recyclage des déchets ou encore le patrimoine historique et naturel ont été traitées. Les enfants ont ainsi appris à assainir l’eau de manière artisanale, selon un guide ou à trier les déchets de l’école. « On essaie aussi de s’ouvrir vers les autres écoles. Différentes écoles de la région (privées et publiques) assistent aux ateliers écologiques que nous organisons » atteste M’rabet. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que l’école intègre le réseau de l’Unesco, appliquant un programme pour la coopération internationale qui aspire à une éducation de qualité pour tous.

Il a fallu attendre 2012 pour que l’école décroche le label Eco-Ecole. Il s’agit d’un programme d’éducation au développement durable créé en 1994 au Danemark et implanté dans 62 pays à travers le monde. Le programme a été introduit au Maroc par la Fondation Lalla Hasna pour l’environnement. « Nous sommes fiers d’être la première école de la région à avoir reçu ce label » s’enthousiasme le directeur. S’il est vrai qu’il prend sa retraite l’année prochaine, il compte, toutefois, bien écrire le récit de l’école de « sa vie ».

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